dimanche 29 octobre 2017

"La loi du Phajaan" - Jean-François Chabas


Merci à NetGalley et à Didier Jeunesse pour cette opportunité. 

De Jean François Chabas, éditions Didier Jeunesse, 2017, Jeunesse à partir de 12 ans, Animaux, Roman.

Résumé :

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon…
Didier Jeunesse soutient EVI (Eco Volontaire International), une association dont le but est d'intervenir pour la protection des animaux sauvages et de l'environnement dans le monde, ainsi que de consolider un lien respectueux entre les humains et la nature.

Mon avis :

    J'aime les animaux. J'ai 3 chats, tous sauvés petits.
Depuis toujours j'ai une vraie sensibilité pour ces êtres si impressionnant. Tous les animaux me fascinent pour différentes raisons, j'ai aussi mes animaux préférés. Pendant longtemps quand j'étais plus jeune, je regardais les documentaires animaliers. J'étais admirative de leur capacité à survivre. J'étais terriblement triste de voir la Nature agir lorsque les animaux carnivores dévoraient les autres. J'étais triste de les voir mourir. Je suis triste de voir ce que l'Homme a pu faire à leur écosystème. 

    Kiet est âgé aujourd'hui. Mais il se souvient de ce moment. Il se souvient de ces cinq jours qui ont suffit à lui laisser dans l'âme une cicatrice à vif. Il a dix ans quand son père, le mahout comme ses ancêtres avant lui, l'emmène avec d'autres hommes du village pour lui chercher un éléphanteau. Une fois trouvé, la ruse, l'adresse et la cruauté du mahout seront indispensables pour attraper cet animal, malgré la protection de la matriarche et des autres éléphants. Une fois attrapé, il nous raconte les cinq jours qui seront utiles au phajaan, technique pour "briser" l'animal et le rendre docile. Malgré les atrocités, malgré la culpabilité, Sura, l'éléphanteau et Kiet tisseront un lien fort.

    Je suis adulte. Je connaissais cette pratique pour avoir découvert des reportages affligeant sur le tourisme. Je suis aussi très sensible. Alors oui, c'est de la littérature jeunesse, et oui, ce livre m'a ému. J'ai lu avec de la rage en moi. J'ai lu avec les larmes aux yeux pendant certains passages. J'ai lu avec de la colère et de l'incompréhension mêlée. J'ai lu avec peine les cinq jours d'enfer que vivront Sura et Kiet. Les émotions sont vives, car ce livre raconte la réalité de ce qui fut, est et sera encore si rien n'est fait. 
    L'écriture est efficace. Il y a des passages très difficiles, mais utiles dans la compréhension de l'histoire. Cela fait un effet électrochoc, et peut être difficile à lire. Mais cela dépeint une réalité. J'ai apprécié que le phajaan soit décrit. J'ai apprécié la façon dont l'auteur nous a montré la relation naissante entre Sura et Kiet, cette complicité. Il y a des passages dont l'émotion est importante. 

    La force de cette histoire, c'est aussi la prise de conscience de Kiet. Il refuse de porter les coups, mais les actes posés lui sont imposés par son père. Comme il le dit, à dix ans, il ne peut pas aller contre la décision du père. Cela le hantera longtemps. J'ai beaucoup aimé la façon dont Jean-François Chabas nous a fait suivre son éprouvante expérience. La force des émotions est une part importante de ce livre. 

    Le phajaan est une cruauté. Une de plus dans le monde "intelligent" de l'être humain. Le fait de le mettre en lumière est important : cette technique, qui a évolué et qui est bien explicitée dans le livre, est utilisée aujourd'hui pour "dresser" et asservir les éléphants pour que les touristes montent sur leur dos. Des exemples de cruauté dans le but de faire des bénéfices avec le tourisme sont légions. Bien trop nombreux. 
    L'éléphant est un animal imposant, doué d'intelligence, de mémoire, de sentiment. Un animal qui est aujourd'hui décimé pour servir les besoins avares de personnes dénuées de sentiments, ou pour leur ivoire. S'il y a une offre, c'est qu'il y a une demande. Ce livre est donc utile : prendre conscience que ces pratiques ne doivent pas être tolérées. Ni ici, ni ailleurs. 

    Une action n'a pas à être grandiose. Une action, même minime, jouera de son poids. 

    Instruire la jeune génération, c'est lui donner les clefs pour que ce qui fut cruel ne se reproduise pas
     Merci Didier Jeunesse. Merci Jean-François Chabas.

Plus d'informations : EVI ; Wildlife and Environmental protectetion Worldwilde  



En bref : 

Un livre qu'on lit avec une forme de rage mêlée à de la tristesse. Un plaidoyer pour la protection des animaux, une prise de conscience pour un rituel qui n'aurait plus lieu d'être. Une réflexion sur la protection des animaux.
 


2 commentaires:

  1. Oui ça existent encore, l'offre car il y a une demande. C'est triste. JE le lirai avant de l'offrir a ma nièce.
    ++

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    1. Oui, nos actions et nos "besoins" provoquent aussi quelque chose à l'autre bout du monde... Effet papillon...

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