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dimanche 18 février 2018

"Sors de ce corps, William !" - David Safier

sors de ce corps william

De David Safier, édition Pocket 2012, Presse de la cité 2010, Humour, Roman.

Résumé :

C'était Roméo et Juliette et patatras : c'est Peines d'amours perdues ...
Plaquée par l'homme de sa vie, Rosa est prête à tout pour le récupérer. Au point de croire aux boniments du magicien Prospero, sp
écialiste ès voyages dans le temps et retour d'affection ...
Mal lui en prend, car, sitôt ensorcelée, la jeune femme reprend conscience dans la peau de ... William Shakespeare.
Si la vie et l'amour ont un sens, la colocation cérébrale avec le grand Will risque de faire sauter quelques certitudes ...


Mon avis :

    L'Amour, avec un grand A. De tout temps, ce sentiment a bercé les poètes et auteurs les plus connus. De la naissance à l'âge de la sagesse, nous traversons la vie à la recherche, souvent, de l'âme sœur, l'être qui sera pour nous ce que l'on sera pour elle : tout entier dévoué à elle. Bref... Un sentiment sublime qui peut être fort, intense ou passionnel faisant le bonheur encore aujourd'hui de nombreux lecteurs et cinéphiles. (En plus de la vraie vie ^^.) 
    Bon l'amour peut aussi être mièvre et tout dégoulinant de miel et de douceurs sucrées. Donc bon, ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit ^^, chacun vit l'amour comme il l'entend et comme il a envie de le partager. 

    Rosa est toujours amoureuse de son ex, malgré le temps, malgré le fait qu'il prépare son mariage. Jan et elle ne sont pas du même niveau social, au point que la famille de celui ci était heureuse de cette séparation. C'était pourtant la vie qu'elle souhaitait avec lui : mariage, famille, l'amour à deux. Rosa est en plein questionnement sur son bonheur, sa relation aux autres : et si elle était passée à côté de l'amour de sa vie ? Est ce vraiment cela le bonheur ? En assistant à un spectacle, elle fait la connaissance du magicien Prospero qui lui propose de voyager dans le temps. En acceptant, elle ne pensait pas se réveiller dans le passé, dans le corps d'un homme et qui plus est celui de William Shakespeare himself ! Ce voyage dans le temps va lui faire vivre des aventures insensées, rencontrant des personnages fantastiques et la mettant dans des situations rocambolesques !

    Cette lecture est faite pour se détendre, penser à autre chose, prendre du recul avec son quotidien et profiter d'un instant d'humour et d'absurde ! David Safier est un auteur que j'affectionne pour le ton de ses livres qui me donnent toujours le sourire. Déco
uvert avec "Maudit Karma", j'ai adoré me plonger dans son univers avec "Jésus m'aime" et ici avec "Sors de ce corps William !". Il sait user du bon ton pour nous faire oublier le quotidien. L'humour est constant, avec des situations absurdes, rocambolesques, mais toujours bienveillantes.

    Il est vrai qu'au début, le personnage de Rosa était pesant : dans une plainte constante sans chercher à aller de l'avant alors que le monde s'offre à elle. Mais elle est aussi attachante avec son côté "normal", loin des héroïnes parfaites, avec ses complexes, ses doutes Oui, mais la réalité est ainsi : l'être humain a parfois besoin de temps pour faire le deuil d'une relation, et il se met alors à ressasser son passé, ses erreurs, ses regrets. Pour aller de l'avant, souvent, on a besoin d'être prêt, d'avoir assez d'énergie, et d'accepter la situation telle qu'elle est. Rosa n'est pas une héroïne, elle est pleine de doute, n'a plus confiance, et pourtant malgré le découragement, avance.

    On se prend assez vite au jeu de la vie antérieure, le duo d'une Rosa du futur avec un Shakespeare du passé est drôle, atypique et donne à réfléchir. Leurs échanges vont évoluer au fil des aventures et des discussions qu'ils auront tous les deux. C'est également une raison de plus de plonger dans l'histoire : même si elle semble légère, elle permet à l'auteur de donner au lecteur matière à la réflexion sur nos rapports aux autres, mais aussi à soi.
    On en oublie l'exactitude historique qui passe au second plan : l'écriture est drôle, remplie de bienveillance, de spiritualité et de bon sens. Sans être moralisateur, l'auteur met en avant les évidences qu'on finit par oublier. rosa est un bon exemple, et son cheminement tout au long de l'histoire est enrichissant.  

En bref :

Une lecture drôle, qui réussit à allier l'humour décalé et conseils bienveillants. On ressort du livre bouillant d'émotions diverses, mais avec le sourire aux lèvres. Et si on lisait un Skakespeare ? 



jeudi 25 août 2016

"Séduire Isabelle A." - Sophie Bassignac




Merci à Lecteurs.com et aux éditions JC Lattès de m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre des Exploraturs de la rentrée littéraire.

De Sophie Bassignac, éditions JC Lattès, sortie prévue le 30 août 2016, Contemporain, Sentimental, Rocambolesque.



Résumé :


Isabelle a été très claire. Elle n’épousera Pierre que s’il est accepté par tous les membres de sa famille, les Pettigrew. Lors d’une semaine caniculaire sur les bords de Loire, les présentations vont tourner au cauchemar. Car tout sépare le jeune journaliste un peu coincé de cette joyeuse clique de libres penseurs passablement allumés. Pour être adopté, le nouveau venu sera soumis à un baptême du feu décoiffant…Drôle et déluré, Séduire Isabelle A. évoque avec finesse la folie du microcosme familial et l’art de vivre ensemble.



Mon avis :


    Pierre aime Isabelle. Isabelle aime Pierre. Ce dernier passe des vacances dans une propriété de la famille d'Isabelle accompagné de la famille de celle-ci qui doit l’accepter avant d’envisager un mariage. Depuis plusieurs années, ils ont pour habitude de fêter l'anniversaire d’Henriette Pettigrew, la grand-mère d'Isabelle. Tour à tour, il fait la connaissance de ses parents, de son oncle, de sa sœur, de ses neveux. N'ayant pas eu la même éducation, Pierre a du mal à trouver ses marques et à comprendre cette famille à la fois libérée, fantasque et différente de lui. Mais les sentiments qu'il porte à Isabelle vont être son fil conducteur.


    Je reste mitigée sur cette lecture, à la fois amusée, sur ma "fin", mais aussi frustrée. J'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages et à les différencier, malgré la présentation du tableau de famille en début de livre. A froid, je pense que j'ai été comme Pierre, rencontrant beaucoup de monde en même temps sans avoir le temps de faire connaissance ou de mémoriser les noms et les liens qui les unissent. En cela, Sophie Bassignac a eu du talent : présenter les personnages comme si nous entrions dans une pièce bondée : nous ne savons plus où donner de la tête.


    Loin de m'attacher aux personnages, je me suis attachée ici à l'ambiance générale du livre : prônant la différence, mettant en avant qu'il n'existe pas une éducation unique, et surtout que le bonheur ne doit pas être une façade qu'on affiche. Il doit être vécu avec autant d'intensité chaque jour.


    Sans spoiler les événements du livre, je parlerais d'un événement qui m'a à la fois décontenancé et amusée : un face-à-face entre la grande mère Henriette et un taureau... Ceux qui liront comprendront. Et c'est justement avec des événements aussi cocasses que je me suis habituée à la famille. Comme ils se dévoilent sur la seconde partie du roman, on les découvre avec leur sensibilité et leur fragilité.


    L'histoire d'amour entre Isabelle et Pierre est atypique, loin du cliché du prince charmant, ce qui fait du bien. Le roman pose également la question : faut-il être soi-même ou absolument plaire à autrui et donc changer ? Ce genre de réflexion me plaît, même si le roman manque de profondeur, ou plutôt de page pour étayer davantage les relations familiales, surtout celles de Pierre avec sa propre famille.


    Même si je reste mitigée, ce qui fait pencher la balance vers le positif est simplement mon impression à la fin de la lecture : en reposant le livre, j'avais un sourire aux lèvres en imaginant encore chaque personnage dans son quotidien, la rencontre entre la famille de Pierre et d'Isabelle. Leur cocasserie m'a suivie toute l'après-midi, et même le lendemain, signe que le livre m'a marqué.

En bref :

Une lecture légère, qui se lit facilement et laissant au lecteur une belle morale sur l'identité et l'acceptation de ce qu'on est sans ressembler au clone d'un autre.




mercredi 17 août 2016

"Une fille et un flingue" - Ollivier Pourriol



Merci aux éditions Stock et à NetGalley pour cette découverte de la rentrée littéraire.
D'Ollivier Pourriol, aux éditions Stock, sortie prévue le 24 aout 2016, Contemporain, Cinéma, Rocambolesque



Résumé :



« Dans la vie, on a le droit de tout rater, du moment qu’à la fin ça fait une bonne histoire. Il y a une manière de raconter ses échecs, si on s’y prend bien, qui peut les transformer en succès. Je ne vous parle pas de mentir, mais de bien choisir ses mots. Un film c’est un hold-up. »
Aliocha, Dimitri, deux frères, un désir : faire un film. Étudiants en cinéma, très fauchés, un peu voyous, ils sortent de nulle part et ne comptent pas y retourner. Armés d’un téléphone portable et de leur seul culot, ils racontent leur coup de poker, joué en plein festival de Cannes, avec la complicité involontaire de deux stars internationales, Catherine D et Gérard D, et du mythique Jean-Luc G. Imposteurs ou petits génies ? L’histoire jugera...



Mon avis :



Dimitri et Aliocha Koulechov sont deux frères. L'un est plus dans la réflexion, l'autre aime l'action et aller droit au but. Ils sont, tous les deux, élèves à la Cité du cinéma et leur professeur est un certain... Luc Besson ! Leur but est de mettre en application ce qu'ils ont appris, mais aussi ce qu'ils ont envie de raconter en réalisant leur premier film. Mais un film, c'est aussi synonyme d'argent : sans un sou, ils mettent toutes leurs chances de leur côté pour réaliser leur rêve.
Le script ? Monter un "vrai/faux" braquage avec l'une des actrices les plus emblématiques du cinéma français : Catherine Deneuve, sous la réalisation de Jean-Luc Godard. Mais le film sera réalisé à l'aide d'un téléphone portable : du génie ou de l'absurde.


    J'ai eu du mal à entrer dans les premières pages du livre, car je ne parvenais pas à comprendre les différentes situations qui se déroulaient. L'auteur a été fin d'ailleurs, car en étant perdue, j'ai voulu comprendre. J'ai bien fait de m'accrocher, car le plaisir de la lecture en a été décuplé.
    Tout d'abord par l'originalité de l'histoire : un film dans un film, alors qu'il s'agit d'un livre. Des monologues bien pensés, des dialogues posés, mais avec une dose d'absurde qui l'histoire dramatique et comique à la fois. J'insiste surtout pour la vision de l'histoire : au fil de la lecture, le film se déroulait devant moi, surtout lorsque Catherine Deneuve était dirigée, et j'ai adoré ce passage, à la fois simple, mais haletant.


    Tout au long du livre, les frères Koulechov vont rencontrer des personnes influentes du cinéma : producteurs, acteurs... Gardant la tête sur les épaules, ils avaient toujours en tête leur projet. J'ai aimé cette critique du cinéma, ou plutôt de ceux qui le font : sans moquerie et sans être négatif, Olivier Pourriol donne une image sans concession de ces personnes qui font la pluie et le beau temps du cinéma. J'ai adoré cette partie très critique. Mais au final, il les humanise beaucoup, en montrant leur faille. Je garde en mémoire ce dîner, où Gérard Depardieu est à son image : franc, brut, grandiose dans ses répliques : il touche la corde sensible, le sait, et garde le doigt dessus.


    Une belle découverte pour cette rentrée littéraire, avec un livre qui rend hommage au cinéma, car même si on y sent de la critique, on y sent aussi beaucoup de respect, pour ces personnes qui parfois, sans moyen, font des choses extraordinaires ! Un livre dont le ton est original et dont l'histoire abracadabrantesque fait passer un bon moment, même si les débuts étaient un peu laborieux.

    Même si on y parle de braquage, ce n'est pas ce qu'on retient le plus de cette lecture : le ton de l'auteur, l'envie d'aller au bout de ses rêves. Même si en l'achevant, j'ai mis du temps à départager les responsabilités de chacun.


En bref :


Ajustement de la lumière, script qu'il faudra jouer en une prise et l'impression de lire le film. Une belle réussite.

lundi 30 mars 2015

"L'Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa" - Romains Puertolas






De Romain PUERTOLAS aux éditions livre de poche, inclassable (rocambolesque?).
Résumé :
Un voyage low-cost... dans une armoire Ikea! Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l'Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d'amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d'une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres.
Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, "j'arrache ta charrue" ou "achète un chat roux"), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d'anneaux et considérablement moustachu.
Mon avis :
Je suis un peu mitigée. En règle générale, je ne me laisse pas embrigader dans un livre par les critiques que je lis de celui ci. Car en vérité, je ne lis que très rarement les critiques. Mais malgré tout, ce livre est un petit phénomène.
Bien entendu, il ne faut pas lire ce livre en attendant un nouveau Victor Hugo.
L'écriture est simple, mais non simpliste. Les enjeux cités dans ce livre sont importants et la société décrite est effroyable dans sa réalité.
Mais le voyage du Fakir Ajatashatru n'est pas censé être drôle. C'est ce qui m'a refroidit en lisant ce livre. Je n'ai pas ri, mais souri à divers endroits, mais les critiques encensaient tellement cette œuvre que je m'attendais à un moment léger et drôle. Les premières pages, on sourit volontiers à la façon qu'a l'auteur de nous présenter la phonétique des noms Hindous. Francophone que nous sommes, nous devons dire le nom à voix haute pour parvenir à le prononcer correctement, ou à trouver un diminutif qui nous satisfait assez pour nous simplifier la lecture.
Les personnages sont parfois un peu patauds, gauches, et même énervants. On ne peut pas s'y attacher car ils sont présentés comme une succession "d'étape" à franchir pour continuer le voyage. J'ai même parfois pensé au burlesque de Benny Hill en imaginant les courses poursuites. Et cela sans doute à cause de la personnalité hors norme d ' Ajat ( je lui ai donné un petit surnom).
Mais le voyage du fakir, passé le premier chapitre en France, dépeint une société disparate, injuste, et dérangeante encore une fois, car la réalité y ait dépeinte simplement et avec légèreté, malgré l'abomination que vivent les clandestins. Car il s'agit bien ici de dénoncer le calvaire que vit ces personnes dans leurs pays d'origine.
Par exemple la pédophilie qui est citée ici avec je dirais une innocence troublante : nous adulte on connait l'horreur de ces crimes, alors que la victime elle même n'a pas le même degré de conscience lorsque cela est expliqué. Ce n'est évidemment pas le thème du livre, et il en est question vers la fin.
Le paradoxe entre nos sociétés riches et ces pays en voie de développement où le fossé devient abyssal.
La clandestinité, et le calvaire que vivent ces hommes, femmes et enfants qui luttent pour sortir de leur pauvreté et cherchent dans nos pays un eldorado. Mais l'attachement aussi à leur pays d'origine, viscérale : la porte de sortie c'est simplement de trouver une solution pour que les personnes qu'on aime vivent dans la dignité.
Du coup, j'ai lu ce livre aujourd'hui en recherchant à l'intérieur une légèreté et un humour que je ne pensais pas aussi caustique et je dirai même cynique. Car lire le voyage du fakir, c'est se plonger la tête la première dans une atmosphère différente que le simple livre d'humour ou le livre très sérieux traitant de migration de populations ou de lois sur la territorialité.
Un livre plus humain que drôle, qui dresse en profondeur un questionnement sur notre société, mais avec un enrobage plus acidulé que doux.
En Bref :
Bon.
Un questionnement m'habite : j'ai lu plusieurs critiques de lecteurs qui n'ont pas aimé du tout ce livre. Je pense qu'il ne faut pas en attendre trop, mais prendre juste ce qui est offert. La faute sans doute aux nombreuses critiques presse qui en ont fait l'éloge.
Mais encore une fois, mon avis est TOTALEMENT subjectif.