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jeudi 31 janvier 2019

"Les chroniques d'Ataraxia tome 1 : l'Odyssée d'Amos" - Thierry Maugenest, François Bournaud. Coup de coeur


En partenariat avec NetGalley et les éditions Toho Bohu que je remercie vivement !

De Thierry Maugenest, François Bournaud, éditions Tohu-Bohu, Roman, Science Fiction, Aventure, 2018.

Résumé :

Dix ans durant François Bournaud s’est enfoncé à se perdre dans le monde qu’il a créé : Ataraxia. Il en a écrit l’Encyclopédie. Il a dessiné femmes, hommes, animaux. Et bien sûr, il a conçu l’atlas de son monde. 10 ans de travail, 2 500 000 signes, des centaines de dessins.
Thierry Maugenest, romancier terrien, est devenu ataraxien pour écrire le premier volume des Chroniques.
Ataraxia : une poignée d’hommes et de femmes ont fondé jadis une nouvelle humanité. Celle-ci est pacifique, respectueuse et solidaire. Les Ataraxiens mènent une vie simple et nomade, proche de la nature. Ce qui a précipité le déclin des Terriens est rejeté : les frontières, la monnaie, la technologie. Mais cet Eden est menacé.
Tout pourrait aller pour le mieux sur Ataraxia, où les clans vivent en paix au milieu de paysages préservés. Mais Amos de Slima, hanté par un souvenir étrange, prévient ses pairs d’un danger qui menace la planète. En vain.
Rejeté, poursuivi, Amos se rend aux confins du monde habité, sur l’île des Proscrits et délivre une jeune femme. Ensemble, ils vont lutter contre l’organisation souterraine qui veut établir un ordre nouveau.
L’Odyssée d’Amos est un roman d’aventures, mais c’est aussi et surtout un hymne à la nature et au voyage, dans une société idéale où un mal inconnu ronge l’utopie Ataraxia.

Mon avis :

    Amos de Slima assiste à une réunion où il doit être promu au rang de maître. Un oiseau arrive à ce moment avec un message, et l'un des hommes explique qu'Amos ne peut recevoir le titre avec ce qu'il y a d'écrit. Ce dernier, faisant fi des préceptes d'Ataraxia, perd son sang-froid et exprime fort ses inquiétudes quant au futur de la planète : il ressent le mal s'insinuer dans la population sans avoir de preuve tangible à proposer pour l'instant. On lui retire son titre, on lui refuse la promotion attendue. Amos de Slima décide alors de partir faire son enquête.

    Les premières pages, voire même les premiers chapitres, ont été extrêmement laborieux à lire. Et j'ai beaucoup aimé cela ! Un nouveau monde, un nouveau peuple issus d'une humanité qui a pu coloniser une exoplanète. Les premiers humains ont fait fi de la connaissance et des enseignements de la Terre. Il est possible de tout recommencer à zéro : pas de possession, pas de monnaie. Tout se troque, du travail aux vêtements en passant par les animaux ou les bateaux. Ce monde est un renouveau pour cette humanité. Et cela fait du bien !

    Je ne vais pas mentir, je ne comprenais pas tout ce que je lisais : tout ce vocabulaire si complexe et recherché. Et pourtant, j'ai eu l'impression d'être arrivée dans un monde où je devais tout apprendre, tout comprendre et accepter les nouvelles règles de vie. Il y a de la beauté en Ataraxia, et à force de voyager avec les personnages, j'ai appris à tisser les végétaux, à troquer des pierres précieuses pour une bouchée de pain, à comprendre que les possessions ne font pas la personne.

    C'est un monde parfaitement utopique, en ce sens où l'ensemble des règles et des préceptes établis sont extrêmement compliqué à imaginer : les relations homme/femme, les piliers comme le Respect et surtout la liberté. Aller où on veut, comme on veut, car la planète n'appartient à personne tout en appartenant à tout le monde. Pas de territoire, pas de division, chacun est libre de circuler. Il y a des peuples qui se sont installés à certains endroits, développant des aptitudes diverses. Ces dernières peuvent également se troquer.

    Les personnages sont autant agréables à suivre et néfaste à l'intrigue. Le lecteur se les représentera facilement, avec précision comme si on partageait un feu de camp. Chacun ses aptitudes, ses connaissances. J'ai apprécié la spiritualité et le chamanisme de certains, ce profond respect en vers la nature. J'ai aimé être perdue dans ce monde, me raccrocher aux personnages pour mieux comprendre les enjeux de l'intrigue. Car l'enjeu principal n'est rien d'autre que le futur de la planète. Dans ce monde où la technologie n'existe plus, le monde vit en liberté et en sécurité. 

    Au début de ma lecture, je reprochais intérieurement à l'auteur de ne pas avoir décrit tous ces nouveaux mots. Au final, je l'en remercie car le fait de me perdre dans ce monde m'a permis de rester bien concentrer sur l'intrigue, l'humanisme d'Amos de Slima, la découverte du monde par Ezéa, les pensées retords de Naxès. L'écriture est agréable, la lecture facile malgré la longueur du tome. On plonge dans l'inconnu avec plaisir en imaginant simplement si cela serait possible… Bien au contraire, j'en veux encore !

En bref :

Une plongée dans un monde incroyable, fantastique et totalement nouveaux où on prend plaisir à se perdre et à se raccrocher à des personnages fort face à des enjeux qui les dépassent. Une odyssée des plus passionnante.

mardi 29 janvier 2019

"Le choix d'Horace" - Hélène Louise

Hélène Louise
De Hélène Louise, éditions de la Chimère, Nouvelle, Dystopie, 2016.

Résumé :

Horace aura vingt-et-un ans dans quelques jours. Enfin majeur, il va pouvoir quitter l'orphelinat de Fougères où il a vécu depuis sa naissance, en compagnie d'autres enfants métis, soumis comme lui à la charité des Résidents.

Les Résidents, ces Intelligences Artificielles qui partagent le quotidien des humains depuis le soulèvement de 1951, soit depuis plus d'un siècle et demi, assurent l'entretien et l'éducation de ces enfants nés d'unions illicites en échange de la réquisition régulière de leurs corps, seul moyen pour eux d'accéder à une forme vivante.

Horace est né de parents de deux races différentes et son physique inhabituel, ni félide ni nocto, le condamne au statut de basse caste. Et s'il va enfin échapper aux mains des Résidents en gagnant sa majorité, il devra également trouver moyen d'assurer sa subsistance dans ce monde qui réprouve sa naissance et son existence même…

Mon avis :

    Horace arrive à un âge où il peut enfin se libérer des Résidents et des réquisitions. Métis, il vit dans un orphelinat qui est pris en charge par ces intelligences artificielles. Comme il doit quitter ce lieu, il doit trouver un moyen de subvenir à ses besoins, lui qui, de part sa naissance, ne peut pas prétendre à toutes les fonctions. Sur son chemin, une personne qui finira aussi par changer son quotidien et sa vision de l'avenir.

    Je lis assez peu de dystopie ou de SF et j'ai bien envie cette année de me plonger un peu plus dans ce style littéraire. Sortir des sentiers connus et me laisser entraîner dans un nouveau monde. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, mais n'ayant pas lu "Lysandre Chalkhill - Livre 1 : 'Filigranes'", j'ai eu beaucoup de mal à comprendre le monde, ce qu'impliquent les réquisitions, quelles sont les différents types d'humains qui peuplent aujourd'hui notre planète et pourquoi.

    C'est une réflexion sur notre monde très centrée sur les nouvelles technologies et cette IA intelligence artificielle qui attire autant qu'elle inquiète. Que deviendra notre société face à une IA qui en prendra le contrôle ? J'ai beaucoup apprécié la représentation de l'IA qui réquisitionne le corps des humains métis : un calque sans "identité". L'histoire aborde aussi ce harcèlement, cette stigmatisation des métis, des personnes différentes de la "norme", si norme il y a.
 

    Hélène Louise met beaucoup de tact dans les propos d'Horace. Le personnage, même s'il devient jeune adulte et que ses réflexions sont très matures, ressemble encore à un petit garçon. J'ai beaucoup aimé la description des personnages, le rythme de l'histoire. J'ai surtout bien envie de découvrir Filigrane à présent, certaines questions sont encore en suspens et je trouverais mes réponses sans aucun doute dans ce livre. En peu de pages, il y a beaucoup d'éléments qui sont soulevés, au niveau des relations personnelles, le travail, l'environnement. 
    Mon bémol est cette relation naissante entre Horace et un autre personnage mais qui est laissée en suspend à la fin. Je me laisse imaginer le positif de leur futur. 

En bref :

Une nouvelle agréable, une dystopie qui fait réfléchir autant sur la technologie que sur les rapports à l'autre.

dimanche 10 mai 2015

"Le passeur" - Lois Lowry




Le passeur



De Lois Lowry, édition l'Ecole des Loisirs, sortie en 1993, Dystopie
Résumé:
Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont "élargis". Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur.
Mon avis :
1er volet d'une tétralogie, Le passeur m'a bouleversé et a fait remonter cette peur enfouie en moi de ne pas être acceptée par une société qui dicte ses modes, ses conseils sexo beauté culinaire déco et autres...
Le passeur, c'est un livre court, mais brillant car Lois Lowry dresse les détails d'une Communauté de ses Lois à Son mode de fonctionnement. On suit Jonas, qui pour ses 12 ans, se voit confier Son Attribution, Son métier. Et de là découle une rencontre, des questionnements, la découverte de ce qui est précieux, normale.
On se pose continuellement la question de ce libre arbitre dans le livre, car l'être humain en étant doué, on se demande comment on peut arriver à des extrêmes tels que la vie elle même n'est pas aussi bien protégée. L'Identique est il si bon que ça à l'Humanité?
En découvrant son Attribution, Jonas découvre une autre facette de sa communauté, et malgré un rythme lent, on sent tout le processus intrusif des Lois, et tout ce côté sombre de cette société, où la vie est dicté par les "Sages" : de la naissance à la formation des couples en passant par le choix de notre métier.
Le génie de l'auteur est de tisser la toile de cette Communauté en quelques pages : de son Histoire à son fonctionnement, on comprend tout, on voit quels sont les tenant et aboutissant et les choix cruciaux qui seront à faire... ou non.
Un livre que je n'ai pu lâcher, malgré une fin qui m'a semblé bâclée car je n'ai pas eu de réponse à mes questions, tellement vague que je me questionne encore. Cat pourquoi? pourquoi avoir autant hacher et simplifier la fin de cette épopée?
Mais à découvrir pour la prouesse d'écriture et d'imagination. le livre se lit facilement, de façon fluide et additive. A découvrir des l'adolescence...
En bref :
Un presque coup de cœur, une histoire brillante gâchée par une fin pas assez développée... Dommage!!

mardi 7 avril 2015

"Neverland, Autre Monde Tome 6" - Maxime Chattam

Neverland, Autre Monde Tome 6





De Maxime Chattam, éditions Albin Michel, Fantastique, dystopie

Résumé :

L'ennemi a détruit le deuxième Cœur de la Terre, séparé Matt, Ambre et Tobias. Alors qu'Entropia et ses créatures monstrueuses poursuivent leur entreprise de destruction, Matt découvre Neverland, la forteresse secrète et mystérieuse des Fantômes, les jeunes rebelles de l'empire d'Oz. L'Alliance des trois arrivera-t-elle à se reformer à temps pour sauver les enfants d Europe ? L'heure de révéler les ultimes secrets d'Autre-Monde approche...

Mon avis :

Comment donner un avis sans donner d'éléments qui vont spoiler l'entièreté de la saga pour les néophytes qui souhaitent découvrir l'œuvre à son commencement?
Autre monde est une épopée se déroulant à notre époque, mais suivant les aventures de trois adolescents, Ambre, Matt et Tobias, qui vont tenter de trouver une solution à la réaction de la planète face au "trop plein" de méfaits qu'elle subissait de la main de l'homme. Une Tempête ravage la planète, adultes et enfants se retrouvent dans deux camps distincts : celui des Pans pour les enfants, et celui des Maturs ou Cynicks pour les adultes.
Autre Monde est souvent présenté comme lecture jeunesse, mais pas seulement. J'ai découvert Maxime Chattam grâce à cette aventure il y a deux ans à peine : le synopsis m'avait sauté aux yeux tellement cette possibilité d'une réaction de la planète me semble logique. La Nature est surprenante, fascinante, terrifiante et hypnotisante.
Dans ce tome, les 3 adolescents formant l'Alliance des Trois (Titre du premier volume), se retrouve séparés. On suit par chapitre leurs différentes progression, et les situations se succèdent rapidement grâce aux chapitres courts.
Je me suis souvent surprise d'ailleurs à le lire en triturant mes doigts et même avec certaines palpitations. Car il est là le génie de Maxime Chattam : que l'on soit au début, au milieu ou à la fin du livre, on est sans cesse balloté et emberlificoté dans des miasmes putrides ou dans des geôles humides. Du coup, notre attention ne s'arrête pas et nous nous retrouvons à notre tour aux aguets, patientant de sentir comme les héros une main sur l'épaule ou une lumière au bout du tunnel.
J'ai une mauvaise manie en lisant ce genre de livre : regarder la page suivante pour voir si quelqu'un meurt ou pour mettre fin aux suspens. Je l'avais fait lors des premières lectures au tome 1, mais je me suis vite rendu compte que cela ne servait à rien. Chaque situation est toujours sur un fil, chaque événement en déclenche d'autres, chaque décision est dure à prendre. Il y a un chaos parfaitement délimité et parfaitement clair dans cet "autre Monde".
Cela est à l'image de l'adolescence, période où notre corps, notre cœur et notre esprit subit des changements. On se modèle à l'adulte et on se dresse contre l'autorité. Une décision est toujours lourde de conséquence, et les personnages se rendent parfaitement compte de ce que cela coute, et du danger qu'ils vont courir.
J'ai été un peu déçu par une comparaison entre l'histoire d'un Pan d'Europe et l'histoire qu'a vécu Matt lors du premier volet d'Autre Monde. J'ai changé d'avis sur la fin du livre, je comprend maintenant à quel point cela sert au personnage : se retrouver en quelqu'un c'est garder foi et confiance en soi et aux autres.
La progression des livres me fascine : au début, l'ambiance est calme, malgré les évènements qu'ils vont rencontrer. Mais plus on avance, plus les sacrifices sont violents : l'ambiance devient lugubre. Le comparatif le plus saisissant est à mon sens le lien entre la maturité qu'acquiert les adolescents et l'intensité des évènements à vivre.
Neverland passe un cap dans cette saga : on sent que le dénouement arrive, et on en a peur. Les possibilités sont nombreuses, et on se refuse à quitter ces Pans.
Maxime Chattam œuvre avec finesse et exactitude : car la lecture de ce tome nous questionne sur le rapport au monde mais par tous les continents : nous sommes tous différents, certes, mais nous sommes semblables.
En bref :
Excellent, on ne s'essouffle pas avec les tomes! La magie opère crescendo.