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dimanche 6 janvier 2019

"Bucéphale" - Pénélope Jossen


De Pénélope Jossen, édition L'Ecole des Loisirs, Jeunesse, Album, 2017.

Résumé :


Bucéphale est très grand. Alexandre est très petit. Bucéphale est un cheval. Alexandre est fils de roi. Bucéphale est indomptable : il a peur d’un monstre noir qui le suit partout, accroché à ses pieds. Alexandre, par sa jugeote, comprend qui est vraiment cet affreux, et comment l’anéantir. Pourvu que le roi son père le laisse approcher Bucéphale… Leur rencontre légendaire sera décisive. Ensemble, corps et âme, ils s’apprêtent à conquérir le monde et à livrer leurs deux noms à la postérité. À partir de 5 ans.

Mon avis :

     Lorsqu'un jeune garçon fait la connaissance d'un cheval totalement apeuré, il prend le temps de l'observer. Il doit bien y avoir une raison pour laquelle il refuse d'être monté. Il sait qu'il peut l'aider, il sait qu'il montera ce cheval. En aidant Bucéphale à vaincre sa peur, ils entreront ensemble dans l'histoire.

     Nous aimons l'Histoire à la maison. Petit et grands : des grandes pyramides en passant par les Gaulois ou les grandes guerres. Il existe d'ailleurs plusieurs ouvrages adaptés aux enfants pour comprendre le monde et comment il a évolué. Sans compter les BD d'Astérix qui émerveillent et font se poser des questions.

     J'ai été ravie de découvrir le livre du mois reçu par l'intermédiaire de l'école (Collection Minimax). Ici, nous parlons de l'enfance d'Alexandre le Grand, et quoi de mieux que de faire découvrir à mon fils cette amitié naissante entre un jeune garçon plein d'esprit et un cheval qui lui donnera toute sa confiance. Une découverte qui permet d'aborder d'autres thèmes historiques.
Non, non, nous ne cherchons pas à lui faire passer son doctorat en Histoire, mais nous aimons autant que lui répondre à ses questions sur comment le monde existait avant "nous".

     Je ne suis pas fan de la couleur jaune, je l'avoue, mais mon fils a aimé cette couleur de soleil, l'horizon toujours plus grand, ces dessins simples, mais qui dynamiques. L'amitié entre Alexandre et Bucéphale est une étape importante de l'histoire, et cela a permis de parler de la patience, du respect envers les animaux, de la bientraitance animale.

En bref :

Un livre qui combine Histoire, patience, bientraitance animale et amitié, mais aussi la curiosité et l'observation de ce jeune garçon. Un régal à partager avec mon loulou.


mardi 16 janvier 2018

"Quand je marche en forêt" - Mickaël El Fathi et Toni Demuro


De Mickaël El Fathi, Illustré par Toni Demuro, éditions Les Minots, 2016, Jeunesse, Animaux, Nature.

Résumé :

Une découverte des animaux de la forêt, avec pour guide une petite fille curieuse de la nature.

Mon avis : 

 
    La nature a été de tout temps source d'inspiration constante pour les artistes, mais aussi les enfants et adultes. Elle apaise, nous rend curieux et permet de profiter du bruit du vent dans les cimes des arbres, de l'odeur du bois, de la végétation et du calme. Nous vivons dans une société en perpétuel mouvement et ce calme nous fait du bien. Nous aimons les ballades en forêt, et mon fils y a découvert l'un de ses jeux favoris : se cacher derrière les arbres ou y retrouver son papa tel un détective. 



    Autant dire que oui, la forêt inspire. Mickaël El Fathi et Toni Demuro nous invitent à voyager dans cette forêt, accompagnant l'aventure d'une petite fille. S'ennuie-t-elle lorsqu'elle marche en forêt ? Transformée en cerf, elle arpente la forêt et sa densité. En hibou, elle découvre, vu du ciel, la diversité du lieu. En Renard puis en chenille, elle se transforme, découvre la façon de vivre et d'exister de l'animal. Comment peut-elle s'ennuyer en si bonne compagnie ? En arpentant la forêt, elle en découvre la multiplicité et la beauté.   

    


    Ce livre est une ode à l'imaginaire des enfants. La petite fille prend la place des animaux, se déplace et pense comme eux. Quel enfant ne l'a pas ainsi rêvé ? La forêt, de par sa grandeur, est un environnement mêlant excitation et peur. Peur de l'inconnu, mais curiosité insatiable de ce qu'elle contient. Mon fils a suivi chaque page, m'arrêtant parfois pour me montrer qu'il sait faire le hibou ou sauter comme le lapin.




    Les textes sont courts et se laissent habiller par des dessins superbes, colorés, frais, mais surtout très réalistes. Le jeu d'ombre permet d'imiter les pelages, les textures.
    Enfin, le choix des couleurs est un bel hommage à la forêt : multiple, mais plutôt proche des couleurs automnales. Cela fait de cet album une belle pause à partager avec son enfant.

En bref :

    Un livre à mettre entre toutes les mains, des petites au plus grandes. Un jeu de couleur parfait habillant un texte simple et facile à comprendre pour un enfant. 

mardi 7 novembre 2017

"Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis" - Luis Sepulveda


De Luis Sepúlveda, traduit par Bertille Hausberg , aux éditions Métallié, 2013, Jeunesse, Conte, Animaux, Amitié. 

Résumé : 

Max est l'humain de Mix et Mix est le chat de Max. Ils grandissent ensemble, ils sont amis pour de vrai. Lorsque Max part faire ses études, il emmène son chat bien-aimé. Max est souvent absent et Mix, devenu vieux et aveugle, passe de longues journées solitaires. Un jour, un bruit suspect lui révèle la présence d'une souris mexicaine très sympathique, qu'il baptise Mex. La souris bavarde et trouillarde, raconte le monde à Mix, qui l'emmène en balade et lui donne un coup de main quand il faut atteindre la dernière étagère du placard. Ils sont très différents, mais entre le chat rêveur et la souris gourmande et volubile naît une amitié comme sait si bien les raconter Luis Sepúlveda.

Mon avis :

    Comme pour John Steinbeck, je n'avais jamais lu Luis Sepúlveda. J'ai réparé cette erreur en découvrant ce joli conte. Classé également en jeunesse, il est facile en compréhension. Et je l'avoue, cette couverture m'a fait de l'œil. 

    Max est un jeune homme qui possède un chat nommé Mix. Ils grandissent ensemble, se comprennent. Mais en vieillissant, Mix perd la vue. Terminé ces moments où il pouvait se promener sur le toit de la chambre de Max alors qu'il fait ses études. Fini cette sensation de liberté, le vent et le soleil caressant son pelage. Un jour, il entend du bruit et rencontre une petite souris. Peureuse et bavarde, celle-ci deviendra plus que l'amie de Mix. Ce dernier ira jusqu'à lui trouver un joli nom : Mex. 

    Plus qu'une nouvelle, il s'agit vraiment d'un beau conte. Ces deux animaux, le chat et la souris, ont toujours souffert de l'image de deux ennemis. Luis Sepúlveda les associe à une histoire où l'amitié dépassera la différence et les instincts. C'est en cela qu'il peut être lu aux enfants. Mon fils est un peu petit encore, mais nul doute qu'il connaîtra dans les prochaines années cette histoire. 

    L'écriture est très agréable. La traduction, encore une fois, est vraiment réussie : on ressent pleinement l'amour que porte l'auteur aux chats, ces animaux si intrigants. Qui d'autres qu'un amoureux des chats peut parler avec autant de douceur de ces animaux. Cette histoire est riche d'enseignements ! Car cela semble léger, trivial, on passe un moment agréable avec ces personnages, mais au final, on apprend le vieillissement, on apprend le lien entre l'homme et le chat, on apprend la tolérance face à la différence, on apprend l'entraide, on apprend. 

    J'ai passé un très bon moment de lecture. Et la morale à re tenir :  « Quand les amis s’unissent, ils ne peuvent pas être vaincus ».

En bref :

Une lecture pas si légère, avec de belles leçons de vie. Un conte plein d'enseignement, à partager avec les enfants. 

dimanche 29 octobre 2017

"La loi du Phajaan" - Jean-François Chabas


Merci à NetGalley et à Didier Jeunesse pour cette opportunité. 

De Jean François Chabas, éditions Didier Jeunesse, 2017, Jeunesse à partir de 12 ans, Animaux, Roman.

Résumé :

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon…
Didier Jeunesse soutient EVI (Eco Volontaire International), une association dont le but est d'intervenir pour la protection des animaux sauvages et de l'environnement dans le monde, ainsi que de consolider un lien respectueux entre les humains et la nature.

Mon avis :

    J'aime les animaux. J'ai 3 chats, tous sauvés petits.
Depuis toujours j'ai une vraie sensibilité pour ces êtres si impressionnant. Tous les animaux me fascinent pour différentes raisons, j'ai aussi mes animaux préférés. Pendant longtemps quand j'étais plus jeune, je regardais les documentaires animaliers. J'étais admirative de leur capacité à survivre. J'étais terriblement triste de voir la Nature agir lorsque les animaux carnivores dévoraient les autres. J'étais triste de les voir mourir. Je suis triste de voir ce que l'Homme a pu faire à leur écosystème. 

    Kiet est âgé aujourd'hui. Mais il se souvient de ce moment. Il se souvient de ces cinq jours qui ont suffit à lui laisser dans l'âme une cicatrice à vif. Il a dix ans quand son père, le mahout comme ses ancêtres avant lui, l'emmène avec d'autres hommes du village pour lui chercher un éléphanteau. Une fois trouvé, la ruse, l'adresse et la cruauté du mahout seront indispensables pour attraper cet animal, malgré la protection de la matriarche et des autres éléphants. Une fois attrapé, il nous raconte les cinq jours qui seront utiles au phajaan, technique pour "briser" l'animal et le rendre docile. Malgré les atrocités, malgré la culpabilité, Sura, l'éléphanteau et Kiet tisseront un lien fort.

    Je suis adulte. Je connaissais cette pratique pour avoir découvert des reportages affligeant sur le tourisme. Je suis aussi très sensible. Alors oui, c'est de la littérature jeunesse, et oui, ce livre m'a ému. J'ai lu avec de la rage en moi. J'ai lu avec les larmes aux yeux pendant certains passages. J'ai lu avec de la colère et de l'incompréhension mêlée. J'ai lu avec peine les cinq jours d'enfer que vivront Sura et Kiet. Les émotions sont vives, car ce livre raconte la réalité de ce qui fut, est et sera encore si rien n'est fait. 
    L'écriture est efficace. Il y a des passages très difficiles, mais utiles dans la compréhension de l'histoire. Cela fait un effet électrochoc, et peut être difficile à lire. Mais cela dépeint une réalité. J'ai apprécié que le phajaan soit décrit. J'ai apprécié la façon dont l'auteur nous a montré la relation naissante entre Sura et Kiet, cette complicité. Il y a des passages dont l'émotion est importante. 

    La force de cette histoire, c'est aussi la prise de conscience de Kiet. Il refuse de porter les coups, mais les actes posés lui sont imposés par son père. Comme il le dit, à dix ans, il ne peut pas aller contre la décision du père. Cela le hantera longtemps. J'ai beaucoup aimé la façon dont Jean-François Chabas nous a fait suivre son éprouvante expérience. La force des émotions est une part importante de ce livre. 

    Le phajaan est une cruauté. Une de plus dans le monde "intelligent" de l'être humain. Le fait de le mettre en lumière est important : cette technique, qui a évolué et qui est bien explicitée dans le livre, est utilisée aujourd'hui pour "dresser" et asservir les éléphants pour que les touristes montent sur leur dos. Des exemples de cruauté dans le but de faire des bénéfices avec le tourisme sont légions. Bien trop nombreux. 
    L'éléphant est un animal imposant, doué d'intelligence, de mémoire, de sentiment. Un animal qui est aujourd'hui décimé pour servir les besoins avares de personnes dénuées de sentiments, ou pour leur ivoire. S'il y a une offre, c'est qu'il y a une demande. Ce livre est donc utile : prendre conscience que ces pratiques ne doivent pas être tolérées. Ni ici, ni ailleurs. 

    Une action n'a pas à être grandiose. Une action, même minime, jouera de son poids. 

    Instruire la jeune génération, c'est lui donner les clefs pour que ce qui fut cruel ne se reproduise pas
     Merci Didier Jeunesse. Merci Jean-François Chabas.

Plus d'informations : EVI ; Wildlife and Environmental protectetion Worldwilde  



En bref : 

Un livre qu'on lit avec une forme de rage mêlée à de la tristesse. Un plaidoyer pour la protection des animaux, une prise de conscience pour un rituel qui n'aurait plus lieu d'être. Une réflexion sur la protection des animaux.