mercredi 7 février 2018

"Le maitre des livres T14" - Umiharu Shinihara


De Umiharu Shinihara, Komikku éditions, décembre 2017, Manga, Livre.

Résumé :


Le Maître des livres est une bande dessinée adulte, enrichissante et passionnante, qui porte beaucoup plus loin que le simple divertissement. Avec son approche sensible, ses personnages attachants, sa narration et ses dessins faciles d’accès, ce récit a tout pour plaire. Bien loin des clichés du manga, cette histoire vous donnera à coup sûr envie de lire ou relire un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

Mon avis :

    Il y a toujours un véritable plaisir à retrouver les aventures de la bibliothèque pour enfant "La rose trèmière". Leur humour, leur amour du partage littéraire nous font toujours passer un bon moment. Et mine de rien, il est agréable de redécouvrir des classiques de la littérature enfantine : on voit la morale d'un autre œil maintenant que nous sommes adulte. Et je ne boude pas mon plaisir à me noter les titres que j'aimerais faire découvrir progressivement à mon fils.

    Dans ce tome, la patronne de la bibliothèque a des soucis de santé et se retrouve hospitalisée. Miyagawa lui rend visite, moment propice à l'échange et à la confidence sur sa vie amoureuse et son ex. Il va d'ailleurs rencontrer cette dernière, et se rend compte en parallèle que l'ensemble des employés sont plus affectés qu'il n'y parait par l'hospitalisation de leur patronne, Mikishiba le premier.

    Encore une fois, charmée et ravie de me plonger dans cet univers : la qualité des dessins est toujours présente, particulièrement sur la retranscription des émotions. Les traits sont fins, il y a de la délicatesse dans plusieurs coups de crayon. J'apprécie particulièrement ce style.
    Quant à l'histoire... Elle gagne en maturité. Miyagawa que je trouvais peu présent dans les précédents tomes, hormis en arrière-plan, est ici bien plus présent, avec une problématique sur sa relation passée qui vient lui rendre visite au sein même de son nouveau havre de paix.

    Je me faisais une réflexion dernièrement : c'est l'un des rares mangas avec autant de texte qu'il m'a été donné de lire. Peut-être avez-vous eu aussi ce sentiment ?

En bref :

Un tome qui ne déçoit pas dans sa forme et le traitement des personnages. Pas de précipitation, du plaisir dans la lecture.

mardi 6 février 2018

"Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers" - Benjamin Alire Saenz


De Benjamin Alire Saenz, aux éditions PKJ, juin 2015, Roman, Homosexualité, Amour.

Résumé :

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant, ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais...
C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

Mon avis :

    Cette chronique sera particulière, car j'ai longtemps hésité avant de la partager. Je suis plutôt bon public : rares sont les lectures à m'avoir vraiment déplu. Appréciant des styles et genres très variés, j'ai très peu de mauvaise surprise. J'émets souvent des réserves, mais qui ne m'empêche pas de vivre une expérience livresque positive.

Pour ce livre par contre...

    Ari et Dante sont deux jeunes garçons dont les caractères, bien qu'opposés, feront naître en eux un attachement mutuel. Je ne pense pas spoiler l'histoire en parlant ici d'amour entre ces deux garçons. Ils se cherchent, tentent de comprendre leurs sentiments. Bref, se posent des questions assez communes sur leur identité sexuelle.

    J'ai apprécié la psychologie des personnages que j'ai trouvé travaillés : qu'ils s'agissent des questions qu'ils se posent et des moments de vie qu'ils partagent. L'histoire est attendrissante, elle pose la question de l'identité sexuelle et de l'acceptation de ses sentiments face à l'autre, mais surtout accepter une différence qui est pourtant si évidente.

Mais.

    J'ai découvert ce livre via des vidéos sur YouTube sur de très nombreuses chaînes. Les avis étaient totalement dithyrambiques : qu'une histoire pareille n'est que bonheur aux yeux et merveille d'écriture, qu'on ne peut pas passer outre cette lecture tellement elle nous apporte en émotion et en compréhension... De la magie plein les mirettes ! 

    Eh bien non. Je suis passée complétement à côté de ma lecture : rien de magique, rien de transcendant, rien d'extraordinaire. L'écriture et la construction n'avaient rien d'original et j'y ai ressenti une certaine monotonie. J'ai senti un véritable fossé et de l'incompréhension face à tous ces avis ; à la fin de ma lecture, j'en ai même ressenti de la colère, car j'ai attendu patiemment ce moment où la lecture allait me transporter. Mais la magie n'a pas joué sur moi.
    Je ne suis pas en colère envers toutes ces lectrices qui ont partagé leurs avis positifs. Elles ont parfaitement le droit d'avoir adoré le livre. Je regrette l'ampleur de cette publicité, car je ne l'ai pas comprise, et au final, je ne suis plus spectatrice de ces vidéos. Les blogs et sites spécialisés sur les livres permettent une large différence d'opinion. Une expérience un peu négative, mais c'est le risque. 


    Je conseillerais ce livre pour des adolescents, car il est facile à lire, rapide malgré le nombre de pages et il pose les questions auxquelles ils peuvent s'identifier. L'histoire parlant d'adolescence, l'âge des protagonistes aident également à s'identifier à eux. Aristote et Dante sont deux adolescents torturés, mais qui ont cependant la tête bien sur les épaules. 

    Un livre qui m'a bouleversé traitant du sujet de l'homosexualité : "La vie serait simple à Manneville" de Pierre Cochez aux éditions Les Escales que j'ai lu l'automne dernier. J'y ai trouvé de l'émotion, de la simplicité, de la douceur, et un peu d'amertume. Un livre sur lequel je reviendrai bientôt.

En bref :

Deux garçons dont les différences les rapprochent. La magie n'a pas opéré sur moi, desservie par une trop grande publicité dithyrambique sur les réseaux que je regardais.  

lundi 5 février 2018

"L'Iliade T2 : La guerre des dieux" - Luc Ferry, Clotilde Bruneau, Pierre Taranzano, Frédéric Vignaux, Didier Poli, Stambecco



De Luc Ferry, Clotilde Bruneau, Pierre Taranzano, Frédéric Vignaux, Didier Poli, Stambecco, édition Glénat, septembre 2016, BD, Mythologie, Histoire.

Résumé :

Les dieux ont leurs caprices. Les hommes leurs destinées. Pour mettre un terme aux combats qui s'éternisent, grecs et troyens décident d'envoyer chacun leur champion respectif : Ajax et Hector. Mais les deux héros, de force égale, n'arrivent pas à se départager. L'issue de la guerre de Troie semble bien incertaine, surtout qu'Achille refuse toujours d'aller se battre... et que les dieux n'ont pas fini de venir y régler leurs querelles personnelles.

Mon avis :

    Dans le premier tome de l'histoire, La pomme de Discorde, les différents personnages étaient présentés, humains ou Dieux. Dans cette suite, la bataille entre Achéens et Troyens s'éternisent : aucun des deux camps ne parvient à prendre l'avantage sur l'autre. Les Dieux utiliseront des stratagèmes tout à leur perfidie pour prendre l'ascendant. Car dans cette guerre, ce ne sont pas que les humains qui s'opposent, mais également les Dieux. La balance penche tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et s'achève sur un Achille conquérant soutenu par la déesse Athéna.

    J'avais exprimé quelques réserves sur le premier tome : il est toujours difficile de placer les fondations d'une histoire sans faire des choix drastiques. Dans ce second tome de la saga de L'Iliade, j'ai eu plaisir à découvrir une trame plus soignée, une histoire toujours en deux visions : la bataille se jouant entre les humains, et celle qui se joue sur l'Olympe entre les Dieux. Il n'y a pas à dire, le côté enfant capricieux ressort beaucoup dans ce tome, et cela m'a beaucoup plu. Les dieux sont parfois immatures, comptant sur leur puissance et tentant sans cesse de duper ou d'avoir le pouvoir.

    Les dessins sont toujours agréables, j'ai moins ressenti les différences de travail entre des planches très soignées et d'autres achevées à la va-vite par rapport au premier tome. Celui-ci est plus sanglant dans les scènes de bataille. On retrouve à nouveau ce côté lumineux des Dieux et sombre, sanglant des hommes.
    Les dialogues sont moins présents, la place est laissée au visuel des scènes de combat. Bref, un tome réussi qui se pose dans sa narration. Les flashbacks n'étant plus utile pour poser les bases de l'histoire, cela fluidifie également la lecture. 

En bref :


Un second tome plus travaillé et plus agréable à la lecture et toujours le même plaisir de se replonger dans le combat entre ces Dieux.



dimanche 4 février 2018

"Personne ne s'éloigne" - Olivier Vossot


En partenariat avec Babélio et son opération Masse Critique et les éditions l'Echappée Belle édition que je remercie.

Olivier Vossot, édition L'Echappée Belle Edition, octobre 2017, Poésie.

Résumé :


Les poèmes, souvent courts, forment ensemble une méditation autour du temps, de ses replis, de l'absence de ce que pourrait signifier disparaître ou être sans voix.

Mon avis :

    De tout temps, la poésie a été un modèle de dialogue : utilisés dans la chanson, comme support de contestation ou de déclaration d'amour, les mots sonnent et résonnent en fonction de l'époque. Une façon de voir la poésie aujourd'hui est de lire une chanson aves ses rimes. La poésie souffre parfois d'un regard vieilli, et c'est bien dommage car il n'y a pas que les grand poètes qu'il est intéressant de lire. Souvent, la poésie nous émeut par le sentiment ou la sensation qu'elle nous renvoie. Et il peut y en avoir pour tous les goûts.

    Dans "Personne ne s'éloigne", Olivier Vossot traite d'un sujet propre à tous : le temps qui passe. Il y a l'instant présent où "aujourd'hui" est important, car il renvoie à l'instant que l'on vit. Il y a ce passé qui est traité en filigrane via les souvenirs le plus souvent :
"Est-ce assez
qu'on se souvienne,
de la pluie tombée des toits,
des nuages défaits?"


    La nature est très présente tout au long du recueil. Cette nature comme témoin de ce temps qui passe, des détails parfois insignifiant, mais qui marque le quotidien : de la feuille qui tombe à l'automne, au soleil dans la cime des arbres. Le rapport également entre la nature et les émotions est agréable à lire. Olivier Vossot évoque régulièrement les différents éléments, principalement l'eau, fluide qui s'écoule, ruisselle, pleut. La nature est présentée changeante, vivante. J'ai ressenti la petitesse de l'humain face à la grandeur de la Nature.

    Comme pour toute poésie, chaque poème touchera de façon différente le lecteur. Certains m'ont paru fade, car il ne me renvoyait pas à une sensation ou un sentiment. D'autres m'ont touchés et certains passages trouvent une résonnance en moi.
"Nulle part
ne commence
ni ne finit le silence."
    La poésie n'est ni vieille ni démodée. Elle est le support de nos sentiments, de nos luttes parfois, et les vers peuvent être retenu souvent avec facilité. Se lancer et se laisser surprendre par le style, la forme.

En bref :

Renouer avec la poésie et relier les poèmes avec le temps qui passe.