mercredi 24 janvier 2018

"Manuel d'un psy décomplexé" - Joseph Agostini


Merci François Sirot pour cette nouveauté, merci aux éditions Envolume pour une lecture de notre inconscient.

De Joseph Agostini, dessins de Jean-Luc de Antoni, éditions Envolume, collection société, 23 janvier 2018, Essai, Psychologie.

Résumé :

Il était une fois un psychanalyste qui avait envie de parler vrai à ses patients. De leur parler névrose, psychose, perversion. De leur parler dépression, addiction. De leur parler de bonheur, de destin, de choix. Un manuel inédit dans sa forme et son fond, avec une écriture qui se veut à la fois drôle et pointue, vulgarisatrice et pertinente.
Des illustrations jalonnent l'ouvrage à la manière d'un livre de découvertes. Un livre qui rend la psychanalyse compréhensible à tous les curieux, mais qui s'adresse aussi à tous les férus de psychanalyse, les analysants en herbe...

Mon avis :

    Le corps humain est fascinant : sa capacité à se développer, se soigner, son architecture et son fonctionnement. Mais l'esprit, la conscience, le subconscient sont davantage fascinant car impalpable. Nous sommes ce que notre passé, nos expériences ont fait de nous. Nous sommes complexes, différents face à la vie en fonction de ce qu'on a vécu. La multitude de témoignages qui jalonne la littérature montre bien qu'en libérant la parole, on se libère un peu soi-même. Mais il faut également comprendre ce que nos maux révèlent.

    "Manuel d'un psy décomplexé" n'est pas un traité sur la psychanalyse ni un essai psychologique sur les processus complexes de notre inconscient. C'est le partage de connaissance d'un psychologue clinicien, Joseph Agostini, qui nous parle avec beaucoup d'humour de l'esprit humain, depuis notre naissance jusqu'aux névroses ou psychoses qui peuvent exister. Ces thèmes sont abordés avec simplicité, rendant la lecture passionnante : on s'intéresse à l'essentiel, avec un vocabulaire accessible pour appréhender les maux les plus complexes.

    Joseph Agostini abordera l'Œdipe, la relation entre la mère et le père et ce que cela entraîne dans notre construction. Il abordera notre rapport à la vie, à la réalité : notre travail, l'amour, la relation à l'autre. Dans un troisième temps, il abordera l'hystérie, la névrose, la vieillesse ou encore la dépression. Ces derniers nous interpellent, car sont proches de nous. Ces notions, largement traités dans la littérature spécialisée, sont parfois inaccessibles aux profanes. La richesse de ce livre est de mettre à disposition de tous des concepts souvent obscurs.

    En plus d'aborder des thèmes complexes pour les rendre abordables, l'auteur utilise l'humour et les métaphores pour illustrer ses propos. Les notes de bas de pages sont un florilège d'humour parfois caustique, mais qui dédramatisent aussi le propos. L'humour aide également à aborder en premier lieu le livre en se "moquant" gentiment de la pratique : "A tous les psychanalystes qui tripotent leur collier de perles quand leurs patients ont le dos tourné."

    Enfin, le livre s'achève sur un "kit de survie" truffé de bon sens et de bons conseils, suivi de plusieurs "questions/réponses" entre le docteur et son patient. De quoi se remettre parfois en question. Les illustrations de Jean-Luc de Antoni mettent en relief les explications : parfois, l'image est plus parlante que l'écrit.

    Suivre une thérapie, est encore synonyme de "folie" dans notre société. Ce livre est un bon point de départ pour réfléchir à notre propre vécu, et comprendre qui nous sommes, mais ne fera pas le travail d'un thérapeute. Cet essai nous renvoie à une position "d'apprenti" : nous apprenons sur nous-même et nos maux, nous laissons les réflexions mûrirent et se développer, aidé des explications de l'auteur. Ce dernier prend plaisir à dispenser son savoir. 

En bref :


Une lecture passionnante où l'auteur évoque avec humour et simplicité les méandres de l'esprit humain.

samedi 20 janvier 2018

"Filbert, ou l'histoire d'un bon petit démon" - Hiawyn Oram et Jimmy Liao


De Hiawyn Oram et Jimmy Liao, traduit par Alice Boucher, édition Bayard Jeunesse, 2013, Album, Jeunesse.

Résumé :

Filbert est un petit démon qui ne veut ni RUGIR, ni GLAPIR, ni TREPIGNER, ni FULMINER, ni GRONDER, ni CRACHER. Il ne veut faire PEUR à personne. Autant dire qu'il déçoit beaucoup ses parents, Papa Démon et Maman Démon, ainsi que Mademoiselle Plume-Féroce, sa maîtresse. Aussi, lorsque Filbert rencontre Florinda, un petit Ange à qui tout le monde reproche de n'être pas assez sage, il lui vient une idée. Une idée qui leur permettra à chacun de se faire accepter comme ils sont ; un Petit Ange pas tout à fait parfait, et un petit Démon presque angélique.

Mon avis :

    Filbert est un petit démon qui ne fait pas la fierté de ses parents car il est... bien trop bon. Il n'aime pas faire peur, ni faire de bêtise. Ce qu'il aime, c'est regarder les fleurs et être sage. Il n'aime pas mentir, il n'en voit pas l'intérêt. À l'entrée à l'école, il n'est pas un mauvais élève, et se fait punir par la maîtresse pour cela et est assis sur le banc. Il en profite pour se promener dans la forêt et il aime tellement ces beaux paysages. Il y rencontre un ange tombé du ciel... qui n'a rien de sage. Ils se plaignent ensemble de ne pas être accepté par les siens tels qu'ils sont. Ils échangent de vêtement et retournent dans leur école respective. L'ange monstrueux et le démon angélique ne finiront pas se faire accepter comme ils sont et devenir amis.

    En premier lieu, nous avons aimé le format du livre : grand, les illustrations remplissant les pages permettant au petit de rester captiver. La colorisation est agréable, les personnages sont expressifs. La lecture de l'histoire est facile, mon fils ayant appris de nouveaux mots, je n'ai pas à adapter la lecture pour sa compréhension.

    Mon fils a aimé l'histoire, voir le démon si gentil et surtout l'ange faire des bêtises ainsi que les autres monstres. Cependant, la maman que je suis a eu du mal avec cette partie de l'histoire. Le côté acceptation de la différence est un vrai plus dans ce livre comme le précédent que j'ai présenté. Le côté "bêtise" et "pas sage" qui semblent "normal", j'ai eu du mal. J'apprends à mon fils les valeurs qui sont importantes pour moi. Qu'il fasse des bêtises, c'est normal, je lui dis d'ailleurs que c'est parce qu'il ne sais pas certaines choses qu'il en fait. Alors le côté accepté de ne soit pas sage et faire des bêtises... C'est mon bémol.

    Mon fils a bientôt 5 ans. La lecture est un bon moyen pour partager et apprendre. Le plus important avec cette histoire outre la différence, c'est accepter que nul n'est parfait. Le fait de ne pas être sage pour l'ange, c'est un peu accepter qu'un être aussi "parfait", ne l'est pas véritablement. La perfection n'est pas possible, les enfants ne seront jamais des images immobiles. Et tant mieux car cela signifie qu'ils expérimentent et apprennent de ces essais/erreurs/réussites.
    De plus, ce livre montre également que l'amitié est possible avec tout le monde.

En bref :


Une histoire sur la différence, sur le fait que nul n'est parfait et qu'il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Ce petit démon est attachant.

vendredi 19 janvier 2018

"Charles à l'école des dragons. Livre et cahier d'activités" - Alec Cousseau et Philippe-Henri Turin

D'Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, aux éditions Seuil Jeunesse, 2010, Jeunesse, Album.

Résumé :

À l'école des dragons, on apprend à voler et à cracher du feu. Sauf quand on s'appelle Charles et qu'on préfère écrire des poésies...
Dans cette nouvelle édition brochée, Charles à l'école des dragons s'accompagne d'un bloc de dessin et de coloriages. Au fil d'activités ludiques, l'enfant : retrouve son personnage préféré dans des scènes inédites en noir et blanc ; fait travailler son imagination en dessinant des personnages et des décors ; apprends à reproduire les amis de Charles (la mouche, Kiwi le poussin) grâce à la méthode des

Mon avis :

 
    Voici un livre qui n'est pas qu'un livre. Il est accompagné d'un cahier d'activité. À la fois une pause lecture, et de quoi poursuivre l'aventure avec mon petit loup.

    9 avril 1821. Au sommet d'une montagne, un couple de dragon veille leur œuf. Ce jour-là naît Charles : un joli petit dragon jaune et bleu aux ailes et aux pieds immenses. Il grandit entouré de la bienveillance et de l'amour de ses parents. "Le plus beau" aux yeux de ces derniers. Arrive la rentrée des classes : Charles doit apprendre à cracher du feu et à voler. Mais dans sa classe, ses camarades se moquent de la taille de ses pieds et de ses ailes, de son incapacité à cracher du feu. Il ne brûle pas ses cahiers, il les remplit de poésie. Attristé, il se dirige vers un volcan. Celui-ci entre en éruption et projette le jeune dragon au loin dans les airs. Sa rencontre avec une petite mouche lui fera déployer ses grandes ailes.

    Le livre est superbe, l'histoire pleine de réflexions. La première double page est remplie de dragons colorés, entremêlés et superbement dessinés. Un plaisir pour les enfants, tant ils peuvent découvrir tous ces animaux. Le petit Charles est adorable et on est rempli d'empathie pour lui. Il n'est pas parfait, loin de là : entre ses grands pieds et ses grandes ailes. Il éprouvera même des difficultés à l'école, car ses copains se moquent de lui. Et plus encore, car sa passion est la poésie. Tout est réuni pour parler à nos enfants de la différence et de l'acceptation de soi.

    Car c'est cela la force de ce livre : parler de différence. Tous les dragons sont des dragons, mais ils sont tous différents : certains plus grands, plus petits, aux couleurs variées. Le fait que tous les camarades se moquent de Charles permet aussi d'expliquer le harcèlement. Mon fils a adoré Charles. Il l'a trouvé beau, gentil et "qu'il avait beaucoup de chance d'avoir d'aussi grandes ailes", et que "s'il ne sait pas voler, c'est parce qu'il est encore trop petit". La vérité sort de la bouche des enfants.

    Les dessins sont superbes, travaillés et remplis de détails. L'ensemble forme une histoire riche, facile à comprendre et qui permet d'échanger avec nos petits. Un conte initiatique développant l'imaginaire de l'enfant, abordant des thèmes durs, mais qui aident l'enfant à s'accepter. L'univers est chaleureux, recherché, invitant au rêve.
Ce livre est une belle entrée en matière pour le fantastique, univers que je lis très peu à mon fils, mais qui donne envie de renouveler.

"Le monde est si moche, Cher Papa, Chère Maman,
Regardez l'horizon et dites-moi si je mens.
Ignobles cieux, horribles monts, vilaines vallées,
Tant de misère et de laideur, c'est dur à avaler..." Charles

    Quant au cahier d'activité ? Je le trouve intéressant, permets à l'enfant de poursuivre l'aventure. Mon fils n'aime pas le coloriage, mais il aime la peinture. Chose faite, nous avons utilisé les crayons "aquarelables" et nous avons poursuivi notre moment à deux.

Recommandé pour les 6/9 ans. 

En bref :
Un très beau voyage à partager en famille, des pages superbes où se perdre. Un cahier d'activité aidant à continuer l'aventure.