jeudi 18 janvier 2018

"Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent..." - Eric-Emmanuel Schmitt


D'Eric-Emmanuel Schmitt, édition Albin Michel, 2010, Essai.

Résumé :

Un jour, lors d'une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d'Eric-Emmanuel Schmitt. L'écrivain se rappelle l'avoir aimé passionnément autrefois, pendant son adolescence. Pourquoi Beethoven s'est-il éloigné ?
Pourquoi l'homme d'aujourd'hui n'éprouve-t-il plus ces émotions, ce romantisme, ces orages intérieurs et cette joie ? Qui a disparu ? Beethoven ou nous ? Et qui est l'assassin ?
Ce texte est suivi de Kiki van Beethoven, l'aventure d'une femme, la soixantaine rayonnante, laquelle va, grâce à la musique, changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies.
Une fable sur la jeunesse perdue et les secrets ensevelis. + les plus belles pages de Beethoven par les plus grands interprètes : Bruno Walter, Wilhelm Furtwängler, Eric Kleiber, Hermann Scherchen avec Elisabeth Schwartzkopf, Otto Edelmann, Birgit Nilsson, Gottlob Frick, Paul Badura-Skoda...

Mon avis :

    Second tome de la saga "le bruit qui pense", je vous présente ce tome avant "Ma vie avec Mozart". Simplement parce que j'ai découvert ce livre en premier. Et j'aime bien parfois l'anticonformisme (humour ^^). Nous aimons la musique dans la famille. Classique, rock, indie folk... Bref nous passons avec facilité de Mozart à Muse pour revenir à Edith Piaf ou des BO de film. La musique se suffit à elle-même pour se raconter et nous faire ressentir ce qu'elle a à nous offrir.

    Eric-Emmanuel Schmitt a une plume envoûtante : à la fois pertinente et propice à la rêverie. J'aime le lire, le découvrir et me laisser envahir par la qualité de son écriture. Mais peut-on raconter la musique ? Je comprends que ce livre puisse plaire ou déplaire. Il y a quelque chose d'intime qu'on ne doit pas retranscrire dans la musique.

    Il ne s'agit pas d'une biographie du compositeur, mais de plusieurs réflexions et de ce que la musique a pu lui apporter. Ce qui revient de Beethoven, c'est qu'il était sourd. La musique était bien plus ressentie qu'entendu.
    L'auteur nous parle alors de son expérience avec le compositeur, comment il l'a accompagné durant son adolescence, jusqu'à n'écouter que lui. Nous le faisons tous : nous avons des périodes où des musiques nous accompagnent. Le décès de Chester Bennington ou de Dolores O'Riordan plus récemment m'a personnellement replongée dans des souvenirs auxquels j'associe leur musique.

    La première partie du livre, riche en réflexion, se lit facilement. On est emporté par la prose de l'auteur. Mais impossible de suivre la lecture et la musique du CD fourni avec le livre. Il faut se laisser alors porter. Mon compagnon est musicien et féru de musique classique. Sans être passionnée, j'aime beaucoup cette musique également. Nous nous sommes retrouvés dans certains passages. Davantage mon compagnon.
La seconde partie est une nouvelle qui reprend les réflexions de la première partie. Cette nouvelle est très agréable à lire.

    Quant au titre du livre... J'ai eu beaucoup de mal avec ce titre, je l'avoue. Accrocheur, il l'est assurément. Mais peut être réducteur... De tout temps, les "crétins" ont existé. L'artiste est mort, mais son œuvre demeure, et à travers les siècles elle enchante, inspire. Autour de nous, la beauté existe, son inverse aussi. 
    Une lecture plaisante, la plume de l'auteur étant, vous l'aurez compris, pour moi gage de plaisir. Mais j'aurais préféré une critique moins douce, plus corrosive. 

En bref :


Une belle réflexion sur le temps qui passe et l'immuabilité de la musique... Et la bêtise de certains.

mercredi 17 janvier 2018

"Le Chaspirateur" - Mathilde Fonvillars et Lucie Maillot


De Mathilde Fonvillars et Lucie Maillot, éditions La Palissade, août 2017, Album, Jeunesse.
Résumé :

Depuis quelque temps, une bête vorace sévit à Ratsburger. Les mets les plus gourmands et les plus fins disparaissent un à un. C’est le chaspirateur. À pas feutrés, il entre dans les maisons et il chaspire, il chaspire tout ! Le capturer, c’est facile, mais ensuite qu’en faire ? Le chipsologue pense pouvoir aider Madame La Maire à régler cet épineux problème avant l’arrivée de l’orchestre Ratapouët.

Mon avis :

    Le dernier livre pour les petits que je vous ai présenté avait déjà un héros moustachu et poilu. Dans cette histoire, nous allons découvrir un félin pas comme les autres. Car oui, il s'agit d'un chat ! Ces animaux sont fascinants. Les miens ont des personnalités bien différentes. J'aime voir ces boules de poils transformés en héros d'histoire pour partager celle-ci avec mon fils.  

    Quand on lit le résumé, on peut craindre de découvrir un monde bien particulier, avec des mots aussi étranges. Et pourtant, à Ratsburger, la vie suit son cour tranquille. Mais ce calme sera perturbé par des vols étranges : la meilleure nourriture, les mets les plus délicats disparaissent chaque jour. Les habitants de la ville, qui sont des rats, se rendent compte que le Chaspirateur est responsable de ces méfaits. Ils élaborent un plan pour le capturer. Il leur explique alors qu'il a une faim sans fin. Un orchestre doit bientôt se produire à Ratsburger et les rats ont peur que le Chaspirateur ne gâche ce moment. Mais les musiciens seront bien plus imaginatifs pour aider le chat. 


    Comme le Chapifoin de la même maison d'édition, j'ai été séduite pour ma part par le format. Les dessins sont riches et le graphisme précis. La couleur des dessins est toujours en adéquation avec l'heure où se place la scène (avec de belles couleurs pour un coucher de soleil). Mais mon petit bémol, il manquait par moment de la clarté. L'histoire en elle-même est touchante. La résolution de problème est adorable. 


    Mon fils a bien aimé l'histoire. Il a surtout adoré regarder les nombreux détails sur les premières pages. Il avait repéré avant moi la queue du chat qui s'était caché derrière une maison. Il aime aussi beaucoup la musique, et les musiciens aidant le Chaspirateur grâce à un instrument de musique, mon fils n'a qu'une envie : en faire lui aussi.


En bref :

Un bel échange, une histoire touchante et adorable.

mardi 16 janvier 2018

"splat, La grosse bêtise" - Rob Scotton


De Rob Scotton, aux éditions Nathan, 2017, Jeunesse.

Résumé : 

En rangeant sa chambre, Splat découvre un livre de bibliothèque très en retard. Quelle va être sa punition ? Va-t-on l'envoyer en prison ou le jeter aux requins ?

Mon avis : 

    J'aime lire depuis très longtemps. Mais j'aime davantage partager ces moments avec mon fils. J'ai découvert les aventures de Splat un peu par hasard via Instagram (Merci Liyah). J'ai été amusée de découvrir les aventures de ce petit chat. Nous aimons lire, nous aimons les chats, quoi de mieux d'allier les deux ?




    La maman de Splat lui propose de faire le tri dans ses affaires. Garder celles auxquelles il tient, mais de jeter ce qui est cassé et de donner celles qu'il ne veut plus à des associations ou à des enfants qui n'ont rien. Une fois terminé, il retrouve un livre qu'il avait emprunté à la bibliothèque et qu'il a oublié de rendre. Il s'imagine déjà puni, en prison ou sur la planche d'un bateau pirate. Alors qu'il accompagne volontiers ses parents pour donner jouets et vêtements, il rechigne à aller à la bibliothèque. Mais face à Madame Sardine, Splat finira par tout avouer. 





    Cela ne vous rappelle-t-il rien ? En 2017, je vous ai déjà parlé d'un livre nommé "Dan-Sha-Ri, l'art du rangement" de Hideko Yamashita aux éditions Autrement. Cette frénésie du tri et du rangement arrive jusque dans les livres pour enfants. Mais cela n'est pas si négatif. Lorsque nos enfants grandissent, ils ont parfois du mal à se séparer de jouet qu'ils n'utilisent pourtant plus depuis des mois. Cette histoire douce et pleine d'humour aborde cette facette du tri : le fait de donner à ceux qui n'ont rien, aux enfants malades dans les hôpitaux. 

    Cela apprend à l'enfant à partager, à être généreux, à se séparer de l'objet. Le lien affectif est plus fort que le lien d'utilité. Nous apprenons à notre fils à donner ce qu'il n'utilise plus. La période de Noël et de son anniversaire est propice au tri : il reçoit des nouvelles choses, il se sépare de celles qu'il n'utilise plus. Il le fait volontiers et hier encore nous avons trié et il s'est séparé de gros lego avec lesquelles il ne joue plus. 


    Les dessins sont adorables, et l'écriture assez grande pour déjà reconnaître des lettres. L'histoire est facile à comprendre et encore une fois, une histoire qui permet de partager des valeurs, mais aussi de rire. Le dessin de la planche et de la prison nous a pris un moment entre explication et rire : expliquer que c'est ce que Splat s'imagine, et rire de la situation cocasse. 

En bref : 

    De beaux dessins, un petit chat attachant, une histoire drôle et où on y partage de belles valeurs. 

"Quand je marche en forêt" - Mickaël El Fathi et Toni Demuro


De Mickaël El Fathi, Illustré par Toni Demuro, éditions Les Minots, 2016, Jeunesse, Animaux, Nature.

Résumé :

Une découverte des animaux de la forêt, avec pour guide une petite fille curieuse de la nature.

Mon avis : 

 
    La nature a été de tout temps source d'inspiration constante pour les artistes, mais aussi les enfants et adultes. Elle apaise, nous rend curieux et permet de profiter du bruit du vent dans les cimes des arbres, de l'odeur du bois, de la végétation et du calme. Nous vivons dans une société en perpétuel mouvement et ce calme nous fait du bien. Nous aimons les ballades en forêt, et mon fils y a découvert l'un de ses jeux favoris : se cacher derrière les arbres ou y retrouver son papa tel un détective. 



    Autant dire que oui, la forêt inspire. Mickaël El Fathi et Toni Demuro nous invitent à voyager dans cette forêt, accompagnant l'aventure d'une petite fille. S'ennuie-t-elle lorsqu'elle marche en forêt ? Transformée en cerf, elle arpente la forêt et sa densité. En hibou, elle découvre, vu du ciel, la diversité du lieu. En Renard puis en chenille, elle se transforme, découvre la façon de vivre et d'exister de l'animal. Comment peut-elle s'ennuyer en si bonne compagnie ? En arpentant la forêt, elle en découvre la multiplicité et la beauté.   

    


    Ce livre est une ode à l'imaginaire des enfants. La petite fille prend la place des animaux, se déplace et pense comme eux. Quel enfant ne l'a pas ainsi rêvé ? La forêt, de par sa grandeur, est un environnement mêlant excitation et peur. Peur de l'inconnu, mais curiosité insatiable de ce qu'elle contient. Mon fils a suivi chaque page, m'arrêtant parfois pour me montrer qu'il sait faire le hibou ou sauter comme le lapin.




    Les textes sont courts et se laissent habiller par des dessins superbes, colorés, frais, mais surtout très réalistes. Le jeu d'ombre permet d'imiter les pelages, les textures.
    Enfin, le choix des couleurs est un bel hommage à la forêt : multiple, mais plutôt proche des couleurs automnales. Cela fait de cet album une belle pause à partager avec son enfant.

En bref :

    Un livre à mettre entre toutes les mains, des petites au plus grandes. Un jeu de couleur parfait habillant un texte simple et facile à comprendre pour un enfant.