mercredi 13 avril 2016

"Jeff Madison et les ombres de Drakmere" - Bernice Fischer

Jeff Madison et les ombres de Drakmere

Merci à Laure Valentin, traductrice du livre, de m'en avoir proposé la lecture.
De Bernice Fischer, édition Autoédité, Fantasy, Jeunesse, 2016.

Résumé :

Et s’il existait un royaume sombre, forgé sur de terribles sortilèges, avec à sa tête un roi malveillant dont le seul but est d’infiltrer les rêves des enfants du monde entier ? Et si, avec l’aide d’une sorcière maléfique, il parvenait à injecter dans le sommeil de chaque enfant les cauchemars les plus affreux ? Et si, pour cela, la seule chose dont il avait besoin était un garçon en particulier ? Lorsque Matt, le frère de Jeff, est capturé et emporté dans le royaume de Drakmere, Jeff sait qu’il doit le sauver. Mais qui sont ces hommes mystérieux qui se dressent en travers de sa route ? Et que veulent-ils dire quand ils affirment que Matt est un attrapeur de rêves ? Bientôt, Jeff se retrouve face à un choix : il peut suivre les inconnus à travers la porte au clair de lune qui mène vers les dangers de Drakmere ou rester chez lui et courir le risque de ne plus jamais revoir son frère vivant. Le temps presse, car Jeff doit se décider avant que le dernier rayon de lune s’éteigne et que le portail se referme à jamais…

Mon avis :

Jeff et son jeune frère Matt son tous les deux dans la forêt avec leur ami Rhed lorsqu'ils sont attaqués par la brume. Rhed sauve in extremis Matt lorsque ce dernier se faisait emporter par la l'enveloppe brumeuse. N'en croyant pas leurs yeux, ils reprirent une activité normale jusqu'à ce que Matt se retrouve emprisonné dans une transe étrange, incapable de réagir avec la réalité.
Une nuit pourtant, l'enlèvement de Matt se produit sous les yeux de son frère. Un homme tente de l'arracher à cette brume, mais il échoue. Il promet à Jeff de revenir tout lui expliquer et de l'aider à ramener son frère de Drakmere
Madgwick et Rig sont deux guerriers, dont le rôle est de ramener le jeune Matt dans le monde des humains. Ils sont Sandustiens, nés pour protéger les rêves des enfants. Revenant auprès de Jeff, ils lui expliquent leur rôle et l'importance pour eux de trouver la porte qui mènera au royaume de Drakmere. Celle-ci, une fois franchie par les deux guerriers, restera faiblement ouverte laissant le temps à Jeff et Rhed de se décider si oui ou non ils seront du voyage.
Un premier pas dans le monde de la fantasy.
La fantasy est un vaste domaine, difficile d'ailleurs d'en faire le tour complet tant il peut y avoir de choses à découvrir. En un tome, Bernice Fischer parvient à allier l'ensemble des figures de la fantasy : des sorcières au dragon en passant par les guerriers, la magie ou les mondes imaginaires. L'imagination permet d'ailleurs de se projeter plus avant dans l'histoire.
Bien entendu, la lectrice qui sommeille en moi aurait aimé que les personnages soient plus fouillés, moins "lisses" et l'intrigue plus complexe. Mais le livre doit être replacé dans son contexte : il s'agit d'une lecture jeunesse, dont les préadolescents vont pouvoir se délecter avec plaisir et curiosité. L'histoire se compose de différentes intrigues, l'auteur y répond progressivement, ln laissant pas le jeune lecteur dans une attente majeure, mais développera en lui l'envie de découvrir leurs nouvelles aventures.
Ce qui m'a le plus plu, c'est l'aventure tissée entre des enfants et des adultes. Nombre de fois, nous voyons les enfants réussir des quêtes et des aventures seuls, aidés par des adultes de façon disparates comme dans Harry Potter, ou alors sans aucun adulte comme dans Autre Monde. Ces deux dernières sagas s'adressent également à un public plus âgé.
Cependant, la présence des adultes dans ce présent tome n'est pas qu'anecdotique : ils accompagnent, conseillent et rassurent les garçons face aux épreuves et au courage dont ils doivent faire preuve. Force du livre à mon sens, les jeunes enfants auront des repères tangibles pour poursuivre l'histoire.
Les éléments de fantasy sont bien menés : leur apparition n'est ni surchargée ni transparente : le juste poids est donné, sauf peut-être dans la description. Là encore, un jeune public préfèrera des actions plutôt que la contemplation d'une scène. Mais le pays des Sandustiens et de Drakmere manquaient parfois de représentations. Peut-être dans un prochain tome découvriront nous en tournant les pages, ces pays et personnages de l'imaginaire dessinés. Un plus pour ce genre de livre et ce jeune public.
Des personnages attachants.
Je me suis attachée assez vite à Madgwick, guerrier charismatique alliant force et compréhension, qui sera sans nul doute un bon mentor pour Jeff, Rhed et Matt. Il possède le calme nécessaire au combat, mais aussi l'empathie qui le pousse à la protection des enfants, à les comprendre et leur parler comme à un égal.
Les enfants quant à eux sont réfléchis, et très vite font preuve d'assez d'ouverture d'esprit pour faire face aux épreuves et en apprendre plus d'eux même. Angie est pleine d'humour et apporte un grain de folie très appréciable dans cet univers. Quant à Rig... Il a parfaitement la figure du sérieux. Mais qui se déride.
Le style de l'auteur est agréable, le vocabulaire abordable et les tournures de phrase compréhensibles pour le jeune lecteur. Les sentiments sont bien expliqués, et les réponses données de façon régulières afin de ne pas perdre le lecteur dans des événements successifs. Un vrai plaisir pour se familiariser avec cet univers!

En bref :

Une découverte agréable, que je conseille vivement aux parents qui auraient envie de faire découvrir la fantasy à leurs enfants, en apportant d'autres personnages auxquels ils pourront s'identifier.

lundi 11 avril 2016

"Trésor" - Alecia McKenzie. Coup de coeur

Trésor, Coup de coeur

Merci aux Editions Envolume et à Aude MONNOYER de GALLAND pour l'envoi de ce livre.
De Alecia McKenzie, éditions Envolume, Roman, à paraître le 10 mai 2016.

Résumé :

Téméraire, butée, rebelle. Dulcinea Evers, jeune peintre coqueluche de New-York, vient de mourir. Mais qui était-elle vraiment ? Au lendemain de ses funérailles jamaïcaines, c'est sa meilleure amie Cheryl qui est chargée de ramener la moitié de ses cendres aux Etats-Unis. Détient-elle la clef de son histoire ?
Tour à tour, ceux qui ont traversé la vie de Dulci s'adressent à elle pour dessiner en creux le portrait dune femme flamboyante… et résolument libre.

Mon avis :

Nous débutons ce voyage au côté de Cheryl qui commence par une phrase qui nous plonge directement dans le vif du sujet :"Cho, Dulci, tu ne pouvais pas te faire enterrer comme tout le monde?".
Dulcinea Evers est décédée des suites d'une maladie. Elle a fait promettre à son amie que ses cendres seraient versées aux deux endroits qu'elle a le plus aimés au monde : sa terre natale, La Jamaïque, et New York. Tenant sa promesse, Cheryl décolle de Kingston vers New York. Durant tout son voyage, elle raconte, en flash back, ce qui a été la vie de Dulcinea, la sienne. Comment elles ont grandi et se sont connues. Comment Dulci est devenue artiste peintre, évoquant son pays et ses racines par des tableaux vifs et puissants. Comment leur amitié a tenu, jusqu'au bout, malgré les différences et la distance.
Dans ce livre, tour à tour ce sont les personnes qui ont côtoyé Dulcinea qui la racontent, évoquant les souvenirs tristes et joyeux, dressant le portrait d'une femme libre, insoumise, dont la capacité à voir le monde les yeux grands ouverts est forte. Les hommes qu'elle a connus et qui se rejoignent dans la description de leur relation respective. Des parents qui connaissent leur fille, mais qui ne se doutent guère de tout ce qu'il y avait derrière la toile de son identité.
Enfin, Cheryl, fil conducteur de l'histoire, reliant les uns aux autres, un pont entre Kingston et New York. Mais au delà de l'histoire de Dulcinea, ces personnes se racontent, en proie au questionnement intérieur et aux interrogations inhérentes aux rôles de parent, d'amis, d'amants. On découvre cette famille, ces liens fragiles, mais forts. Jusqu'à l'épilogue.
Qui suis je ? Qui suis je vis-à-vis des autres?
En découvrant la 4ème de couverture, j'ai été enchantée de me dire qu'il s'agira d'une recherche identitaire : dresser le portrait de quelqu'un est un art lorsqu'il s'agit de peinture, mais lorsqu'il s'agit de révéler l'essence de ce qu'était la personne, cela devient impalpable. Je pensais découvrir la lutte d'une personne pour se frayer un chemin dans le monde, "faire sa place" et la garder.
Pages après pages, on est pris par la houle, tenu par la main de Cheryl qui nous raconte son histoire et celle de son amie. Nous découvrons progressivement tous les secrets que recèle cette famille, toute la complexité des liens qui les unissent. Et pourtant! Pas à un seul moment je n'ai été heurtée ou blessée. Je les ai suivis, compris dans leur démarche respective.
Le talent d'Alecia McKenzie est prenant : Cheryl dresse dans le premier chapitre un portrait nuancé. Elle aborde différentes problématiques sans forcément donner de réponse. Mais peu à peu, lorsque chaque protagoniste prend la parole pour raconter son histoire avec Dulcinea, reprenant de ce fait sa propre histoire, chaque nœud est dénoué. Jusqu'à la dernière page, nous sommes tenus en émoi. Jusqu'à la dernière page, l'histoire se raconte et se vit.
L'écriture, une palette colorée.
C'est en refermant le livre que je me suis rendu compte que je ne l'ai pas lâché. Je n'ai ressenti ni ennui ni lassitude. L'écriture d'Alecia McKenzie est riche, sans être pompeuse. J'ai lu sans lire, comme si je recevais les confidences d'une amie alors que nous nous promenons.
Le lien avec l'art est omniprésent durant le livre. Lorsqu'un personnage parle de Dulcinea, il lui demande comment elle peindrait différentes scènes de sa vie. En lisant le descriptif, je voyais le tableau se peindre sous mes yeux, attiré par les détails que donnait l'auteur, revenant à l'ensemble avant de retracer les lignes plus délicates. J'ai souri, car je visitais une galerie que mes yeux n'avaient pas observées. Un plaisir pour les sens.
La Jamaïque est un pays dont je connais assez peu l'histoire. Les explications données par l'auteur permettent de mieux comprendre les comportements de chacun : le maillage est ainsi complet car une histoire de vie n'est pas uniquement le fait d'événements familiaux, mais se créent en parallèle des événements de notre lieu de vie.
Se plonger dans un livre est une aventure. Mais dès le départ, j'ai été accompagnée, et cette image reste en moi : Cheryl me tenant la main pour me raconter leur vie.
Merci aux éditions Envolume pour la découverte de cet auteur dont il me tarde de découvrir les autres ouvrages. Ce "Trésor" a été un petit bijou à découvrir. ​
A paraître le 10 mai 2016.

En bref :

Un coup de cœur pour une auteur que je découvre, qui m'a chamboulée par ses mots, et m'a fait découvrir une partie de l'histoire de la Jamaïque
👍💕💋
Broché: 182 pages
Éditeur : Envolume
Date de sortie : 10 mai 2016
Collection : LITT.GENERALE
Langue : Français
ISBN-13: 978-2-37114-039-4
16 €
Trésor, Coup de coeur

"Parents : Mode d'emploi"

Parents : Mode d'emploi

Merci à Babélio pour ce partenariat via la masse critique et aux Editions du Chêne pour l'envoi de ce livre.
Les sketches "culte" de la série, Editions du Chêne, Humour 2016.
Résumé :
Comment un couple d'aujourd'hui s'’en sort avec 3 enfants de 8 à 16 ans… En faisant de son mieux, mais surtout en évitant le pire ! Chaque jour, 4 millions de téléspectateurs rient aux éclats devant la série à succès de France 2
Parents mode d'emploi et suivent les tribulations de Gaby et Isa Martinet, oscillant entre tendresse et mauvaise foi, petits heurts et grandes effusions, démissions passagères et ruses inavouables… On retrouve dans ce livre, souple et pratique, les sketches les plus cultes de la série pour découvrir ou revivre les situations familiales les plus cocasses et en profiter où on le souhaite.
Mon avis :
Entre humour caustique et répartie sonnante, le livre permet de se retrouver à nouveau au cœur des sketches de ce couple et leur trois enfants. Tirés de la série à succès de France 2, j'ai pu découvrir ou redécouvrir des moments drôle, mais aussi emplie d'amour et de bon sens.
Sans langue de bois, ces parents tentent le tout pour le tout pour parvenir à éduquer leurs enfants : entre tendresse, mauvaise foi ou tentative de manipulation, tout est bon pour visiter les difficultés durant l'adolescence de nos enfants. Gérer des ados, c'est déjà une aventure en soi! Mais cette série permet de dédramatiser les événements et de les prendre parfois avec humour.
Nous avons encore en tête le succès incroyable de la série "Un gars, Une fille". Nous parlions alors du couple, de ses hauts et de ses bas, et facilement les gens se retrouvaient dans leurs situations parfois loufoques. Ici encore, tout le monde peut se retrouver : des ados aux parents.
Les sujets sensibles sont tous abordés, allant des gouts des préservatifs au vocabulaire lié à la sexualité : nous, parents avançons parfois à reculons ou en tout cas avec des pincettes... Mais au final, tous les sujets sont bons à aborder, qu'ils soient sensibles ou alors drôles.
L'intérêt du livre ?
De se replonger dans la série, mais en abordant les sujets plus en profondeur. Visuellement, la télé nous donne déjà le gout du jeu d'acteur incroyable d'Alix Poisson et Arnaud Ducruet. Mais avec le recul, sans les images, on s'approprie les dialogues, on les comprend aussi parfois mieux : surtout lorsque l'humour est aussi subtil.
Il m'a permis pour ma part de passer un moment divin et de me vider complètement la tête en débutant mes vacances! Car c'est cela le pouvoir du livre : une action directe sur nos émotions. La légèreté du ton et l'importance du sujet (éduquer des enfants, c'est pas fourni avec le mode d'emploi à la naissance!), permettent de se sentir mieux dans nos rôles de parents : nous sommes tous infaillibles, et les enfants utiliserons toujours nos failles. Mais au fond, on les aime tellement!
J'ai également beaucoup apprécié l'entretien avec Béatrice Fournera, co-créatrice de la série et direction de collection. J'ai pu découvrir le travail derrière la caméra pour cette série, et les difficultés inhérentes à la production, mais aussi les liens importants qui se sont créés dans cette équipe.
En bref :
Une lecture légère qui fait du bien au moral et aux zygomatiques ! Un vrai plaisir de redécouvrir les différentes scènes qui rythment cette série!

lundi 4 avril 2016

"L'émeraude oubliée" - Lina Carmen

L'émeraude oubliée

De Lina Carmen, aux éditions La Bourdonnaye, 2014, Jeunesse
Résumé :
Dans la sinistre ville de Mornia, à la végétation inexistante, seules des tours de béton grises aux dimensions célestes s’élèvent vers des hauteurs indistinctes. Un mur infranchissable empêche toute sortie de cette prison qui ne dit pas son nom, gouvernée par un dictateur, le président Percy.
Les plus riches vivent en haut des tours, dans un confort luxueux. Les plus pauvres vivent en bas, dans une brume permanente, le « smog » métropolitain.
Yan, un garçon de 15 ans, est l’un de ces indigents dont le destin est de finir ouvrier dans une usine, comme son père et son grand-père. Mais il rêve d’une autre vie. Peut-être là-haut, chez les riches ? Ou bien ailleurs qu’à Mornia. Existe-t- il un autre monde que celui-ci ? Pour le savoir, il faudrait s’échapper. C’est alors que Yan rencontre Sonia, une jeune fille de son âge, issue des niveaux supérieurs, avec laquelle il va peut-être concrétiser ses rêves. L’évasion se prépare. Cependant, Percy et ses hommes sont prêts à tout pour faire échouer ce projet.
Mon avis :
Dans un avenir plus ou moins proche, le monde a pris des dispositions particulières face aux fossés creusé par l'économie entre les personnes riches et les plus nécessiteux. Les plus riches bénéficient d'un monde agréable pour vivre, d'un air frais à respirer et d'un confort sans égal, les plus pauvres vivent et survivent dans les bas fonds de la ville de Mornia, entouré d'un brouillard permanent le "smog" : le peuple du bas fond travaille sans relâche dans les différentes usines pour faire vivre la cité. Cette pollution est perpétuelle.
Yan, jeune adolescent des bas fonds, rêve de vivre dans les niveaux supérieurs. Sa mère a quitté son père quand il était petit, et ce dernier peine à se reconstruire. Il a envie de découvrir ce qu'il y a derrière le grand mur séparant Mornia du monde les entourant. On sent tout de suite cette sensation d'étouffement et d'enfermement : Yan veut vivre autre chose et autrement. Il choisit de construire une machine pour s'échapper de cette ville.
Sonia est la fille du Président Percy et vit de ce fait dans les niveaux supérieurs. Munie d'une clé de sécurité, elle voyage dans les niveaux inférieurs et rencontre Yan. Ayant besoin de matériel particulier pour construire sa machine volante, elle lui apporte tout ce dont il a besoin. Leur amitié et leur confiance nait très vite et se tisse au fur et à mesure de l'aventure.
Très vite, la sécurité découvre que des éléments ont été subtilisés : Sonia et Yan sont pris en chasse et une course poursuite débute : Ils parviennent à leur machine et, accompagné d'un ami de Yan, Arthur, dont les agissements portent à conséquences tentent le tout pour le tout.
On ressent tout au long de la lecture dans le style parfois simpliste et la façon d'amener les différentes séquences ainsi que la rapidité des événements que la cible du lectorat est la jeunesse adolescente. Cependant, c'est cela qui anime les adolescents et plus jeune : la vitesse. En cela j'ai beaucoup aimé ce livre : le décor est placé, l'intrigue également, et il n'y a pas plusieurs intrigues secondaires qui viennent interférer avec la principale. Ainsi on ne se perd pas en conjecture, et on reste concentré sur le dénouement de l'histoire.
Les sujets abordés dans le ce livre sont variés : on y parle d'amitié, de confiance, de liberté, et surtout d'un thème qui se veut très actuel : l'environnement! Ainsi, en peu de page, l'écosystème de notre planète revient en boucle dans notre esprit : notre monde est il voué à s'auto confiné dans des villes usines pour survivre? Auront nous encore un écosystème végétal dans le futur? Cette prise de conscience pour les plus jeunes est à mon sens essentiel, davantage lorsque l'on sait qu'ils naissent et grandissent dans un monde déjà en proie à l'innovation, la rapidité des découverte et la sur informatisation.
Le style de l'auteur est adapté à la jeunesse. J'aurais aimé approfondir certains points, ou du moins que l'auteur prennent davantage de temps pour expliquer certaines situations. Mais il ne s'agit que du premier tome, et j'ai bien hâte de découvrir la suite. L'intrigue, malgré sa simplicité est touchante, adaptée à un jeune public, parfois prévisible, mais la lecture est facile, agréable et on se laisse emporter par le récit.
Littérature jeunesse, oui, mais je m'y suis très bien embarquée!
En bref:
Un dystopie environnementale adaptée aux adolescents, et qui permet d'aborder des thèmes tels que l'amitié, l'amour, la confiance, les liens familiaux accompagnés de cette réflexion sur notre écosystème. A découvrir !!

dimanche 3 avril 2016

Bilan Mars 2016


Bilan Mars 2016
Le mois de Mars s'est achevé.
Entre la fin de l'hiver et le début du printemps, mes lectures ont été comme le temps : changeante, différente, fonction de mes envies et de mon humeur. Découverte également de petites maisons d'éditions indépendantes, et le plaisir de feuilleter dans leur catalogue!
Pas de coup de cœur transcendant, mais pas de déception non plus. J'ai autant aimé mes lectures d'auteurs connus dont la plume me fait toujours autant de bien, que de découvrir des proses parfois étonnantes, mais dont je parviens à tenir l'essence de ce qu'a voulu partager l'auteur. Enfin j'espère!
C'est également le mois de reprise! Eh oui après plusieurs semaines d'arrêt du fait de changement dans ma vie, j'ai pu reprendre à un meilleurs rythme ce partage et ces découvertes livresque. Et donc on peut tout de même dire que le blog a UN AN déjà ^^ ! Une centaine de chroniques partagées, j'espère davantage avec le futur! Un plaisir de vous découvrir, vous qui passez la tête par la porte de ma bibliothèque virtuelle!
Soyez force de proposition, car je partage selon mes envies, mais n'hésitez pas à me proposer vos idées ou vos envies de partage.
C'est aussi le moment où je me dis que oui... j'ai du retard dans mes chroniques, donc si vous en souhaitez une en particulier assez rapidement, n'hésitez pas à me le proposer :-)!
Petite annonce : je vous proposerais un concours pour cette année écoulée parmi vous en vous proposant de gagner un exemplaire de deux de mes coups de cœur de l'année 2015. Soyez à l'affut, les modalités seront présentées le weekend prochain!
En plus du concours, j'envisage un challenge "autour du monde" : découvrir des livres de pays dont on a encore rien lu : exemple pour moi : une lecture d'un auteur congolais par exemple. Facile lorsqu'on est inscrit sur Livraddict : une carte du monde est présentée pour découvrir ce que nous avons lu du monde. Si cela vous intéresse soyez à l’affût, les modalités seront aussi présentées prochainement!
Pour avril, un début déjà des pus intéressant avec la découverte des premiers livres d'Haruki Murakami éditer chez Belfond! Un vrai plaisir ^^
A très bientôt amis et amies lecteurs(trices)
Sabrina
Bilan Mars 2016

lundi 21 mars 2016

"Petites scènes capitales" - Sylvie GERMAIN

Petites scènes capitales

De Sylvie GERMAIN, aux éditions Albin Michel, Roman, 2013

Résumé :

« L'amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l'enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu'elle croit l'approcher au plus près, au plus brûlant. L'amour, un mot hagard. »
Pour cette rentrée littéraire 2013, l'avant Mai 68 puis sa traversée font irruption dans l'’œuvre de Sylvie Germain.
Comme une tapisserie de légende, les fils de l'intime et du tragique se tissent en Petites scènes capitales, qui du berceau jusqu'à la mort disent l'infini bonheur d'être au monde, fût-ce au prix de douleurs difficiles à endormir.
L'élève de Levinas raconte Lili, ses parents, sa belle-mère, ses sœurs et frère par alliance, etc., guidée par ce qu'un autre disciple de Levinas – Alain Finkielkraut – dénomme La sagesse de l'amour.
Telle celle d'une tragique grecque des temps modernes, sa plume inspirée conduit jusqu'à une magnifique catharsis.

Mon avis :

Qui est Lili?
Jeune fille vivant avec son père, sa maman les quitte vers 11mois et meurt quelques années plus tard. Son père décide de refaire sa vie et se marrie à un ancien mannequin : Viviane. Celle ci a déjà quatre enfants, Jeanne Joy, les jumelles Chantal et Christine, et Paul. Qui dit nouvelle famille dit nouvelle façon de vivre : partager son quotidien, ses affaires, les fêtes et les attentions. Progressivement, Lili se pose des questions sur qui elle est, ce qu'elle est aux autres et ce qui la lie à eux.
Lili grandit tant bien que mal ballotée par les différentes scènes qui vont marquer son existence : la mort de sa grand mère, les enfants qui quittent le foyer familial, les crises difficiles à cerner de Viviane, la disparition d'une personne, et sa quête d'identité qu'elle tente de garder en cap. Elle n'ose poser des questions de front à son père, se perd parfois en supposition, mais se laisse habiter par cette inconstance des sentiments : tristesse, mélancolie viennent doucement perdurer dans la lecture : on sent à la fois son indignation mais son dépit face à sa réalité identitaire. Elle se laisse aller aux aléas de sa vie, victime parfois des faits.
En partant pour Paris pour ses études, elle prend le prénom de Barbara. Là encore elle essaye de prendre possession de qui elle est.
Tout au long du récit, Sylvie Germain nous offre des "petites scènes capitales" de la vie de Lili, dont l'un des évènements majeur est cette mort, provoquant davantage de tumulte, de l'incompréhension.
Il est difficile de résumer un tel livre car ces petites scènes se succèdent, se ressemblent, renferment parfois autant d'incompréhension que de justesse. A la fois profonde et sensible, la plume de Sylvie Germain touche la corde sensible de l'identité avec tact, mais réalisme. Elle exprime tout au long de ce roman la complexité de ce que nous sommes : pluriel et malgré tout unique, nous sommes ce que le passé à fait de nous. Nous sommes l'héritage de notre famille, et des événements que l'on a rencontré.
J'ai aimé suivre Lili. J'ai été attachée à son embarras, à sa tristesse et parfois même à une certaine forme d'affliction. La vie qu'elle mène n'est qu'une quête pour se trouver elle même, parfois sans chercher de l'aide extérieure. J'ai eu cette impression parfois à juste titre, qu'elle n'allait pas au bout de ses recherches, s'arrêtant sur des faits sans vouloir se les expliquer.
On ne lit pas le livre, on le vit car on ressent, on touche au quotidien de Lili. L'auteur parvient grâce à une palette de sensation à faire vivre la lecture.
Les chapitres sont fragmentés, comme des morceaux de vie. Mais ils auraient plus être encore plus disparates, faisant des retours en arrière. Mais la construction du livre est telle qu'on ne plonge pas dans le drame et le pathétique. Au contraire, malgré la vie donnée au livre, on reste observateur d'une vie qui va à la recherche de son essence.

En bref :

Une lecture riche en émotion et en introspection... Au final, sa seule volonté que l'on a est de découvrir tout comme elle : Qui est Lili.
Broché: 256 pages
Éditeur : ALBIN MICHEL
Date de sortie : 21 août 2013
Collection : LITT.GENERALE
Langue : Français
ISBN-10: 2226249796
ISBN-13: 978-2226249791
19 €

vendredi 18 mars 2016

"Le crime du comte Neville" - Amélie Nothomb

Le crime du comte Neville

D'Amélie Nothomb, Albin Michel; roman, 2015

Résumé :

Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une.

Mon avis :

Amélie Nothomb évoque l’histoire d’un noble ayant perdu sa fortune, rendu fou par la prédiction d'une voyante chez qui il s'est rendu pour retrouver sa fille qui a fuguée. Celle ci lui annonce qu'il tuera quelqu'un le jour d'un grande réception, lui en donnant également la date.
Il ne put croire au début à cette prédiction, car force est de constater que pour une personne de son rang, il n'est pas sérieux de croire ce genre de balivernes. La relation avec sa fille se modifie progressivement, le dialogue s'installe alors que celle ci se sentait si différente de son frère et sa sœur, si beaux et intelligents. Mais le choc fut plus grand lorsqu'elle lui annonce qu'elle souhaite qu'il la tue elle.

L'histoire est inspirée d'une nouvelle d'Oscar Wilde intitulée "le Crime de Lord Arthur Savile", mêlant à la fois une réflexion social sur la noblesse (qui sont ces nobles et quelle est leur réalité?), les raisons pouvant pousser quelqu'un à mettre un terme à sa vie. Amélie Nothomb s'essaye à nouveau après "Barbe Bleue" à reprendre une histoire connue et la remanier selon ses aspirations et ses gouts. Effet réussie car on reconnaît et comprend parfaitement jusque dans le titre l'hommage et l'inspiration, mais aussi le fossé à la lecture du livre.

On retrouve une plume que j'affectionne particulièrement. Mais étant à la fois peinée de la longueur du livre (à peine 135 pages), je me retrouve tout de même enchantée de voir que l'histoire et sa complexité tient en si peu de pages.
La parution d'un Amélie Nothomb est chaque année un rendez vous attendu par nombres de lecteurs dont je fais partie! Son sens du critique, de l'à-propos, du burlesque et l'intensité qu'elle donne à ses personnages sont autant de plaisir que de surprises. Elle sait manier les mots, au point où il suffit de quelques pages à peine pour dresser une complexité dans les personnages, mais aussi pour dresser une situation dans sa globalité. On ne parle d'ailleurs même plus d'un "livre" d'Amélie Nothomb, mais d'"un" Amélie Nothomb, comme si l'objet livre lui même prenait son nom.

En bref :

Pour les amoureux de l'auteur Amélie Nothomb, toujours un rendez vous attendu.... ! Pour découvrir l'auteur par contre, il vaut mieux commencer par "Stupeur et Tremblement" ou "Ni d'Eve ni d'Adam".

mercredi 16 mars 2016

"Les fleurs d'Hiroshima" - Edita Morris. Coup de coeur


De Edita Morris, éditions J'ai lu, 1975, Histoire

Résumé :

Yuka a 30 ans. Elle et sa famille ont survécu à la bombe jetée sur Hiroshima quinze ans avant le début de cette histoire. Yuka fera tout pour que sa famille et ses proches aient une vie normale, même à l'arrivée de ce jeune Américain qui lui loue une chambre et qui a la joie de l'innocence.
C'est l'histoire simple de gens incapables d'oublier, mais qui font preuve du courage immense des rescapés et des sacrifiés : celui de cacher au reste du monde leurs souffrances.

Mon avis :

Coup de cœur.... terrible et intense, une véritable calque littéraire !! Le début du mois d'août est toujours un moment de commémoration car comme dit si bien le slogan : "No more Hiroshima!"
"Plus jamais Hiroshima!" Peut-on à ce point plonger dans l'horreur et parvenir à récupérer l'essence même de ce qu'est la vie : un ensemble de petits moments bref mais intenses, beaux malgré sa laideur.

Ce livre n'est pas un témoignage il reflète uniquement des sentiments parfois contradictoires lorsque l'on vit des moments difficiles. 15 ans après l'horreur de la bombe Yuka et sa sœur accueillent chez elle un étranger américain et malgré le passif cet accueil se fait avec beaucoup de respect de chaleur, mais une volonté farouche de taire la réalité des radiations.
La sobriété des événements relatés intensifie davantage la réalité et l'horreur car elle met à distance le lecteur. On est happé et frappé par la normalité que Yuka essaye de montrer dans son quotidien à cet étranger et on ne peut qu'avoir de l'empathie pour toutes ces souffrances qui ressortent inexorablement lorsqu'elle finit par se confier à lui.
Beaucoup de délicatesse, de tact dans l'écriture : la réalité n'a pas besoin d'artifice. Ce qui m'a beaucoup troublé, ce fut cette distance que mettait la population face aux gens irradiés. Un isolement social, mais vécu avec dignité : ils ne souhaitent pas être un fardeau pour les personnes non irradiées, leur famille ou voisin.
Il y a également une pudeur lorsque Yuka parle de son époux Fumio. Elle le soutient, s'accroche, et d'un regard le comprend. Ce qu'ils ont traversés et ce qu'ils s'apprêtent à traverser les soudent, les lient encore dans leurs sentiments.
On ne ressort pas indemne d'une telle lecture car malgré la distance et le temps l'horreur de la guerre est une chose toujours aussi insoutenable.

Parce qu'il ne faut jamais oublier....

En bref :

Une très belle lecture, source de beauté, de raffinement autant que de question et de colère, sourde mais tenace face à la réalité de l'après guerre. A lire absolument !